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Tome second.
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de Morale. 17

Monsieur le Cardinal du Perron, & leur doit-on des remerciemens pour avoir bien vouluse guérir, & se délivrer d’un mal qui avoirlassé leur patience, & qui l’avoit mise àbout ? Que dirai-je, Monseigneur, de ccgrand nombre de foibles, qui se sont endur-cis le cœur, & qui n’ont pû s’endurcir lefront, & en qui la mauvaise honte produittoute seule la libéralité ; Quos libérales facitfrontis infirmitas? S’ils a voient autant de har-diesse à refuser, qu’ils ont peu d’inclinationà faire du bien, il ne seroit rien sur la terrede plus infertile que leur amitié, ni qui mé-ritât moins d’être cultivé. Par bonne fortune,la Nature les a rendus timides n’ayant pû lesrendre bons & généreux ; & le Sage qui faitprofiter de tout, ne tire guères moins d’avan-tage de leur vice, qu’il en tirerait de leur ver-tu. Ajoûtons à ces honteux pusillanimes, lesprodigues inconsidérez, à qui l’argent tombefortuitement des mains, au lieu d’en sortirlibéralement ; qui le jettent par les fenêtres,comme s’ií les avoit offensez, & qu’ils s’envoulussent venger ; Pecunia fuie irati. Cesgens-là font proprement des tonneaux malreliez , qui s’enfuyent de tous côìcz, & quise vuident en peu d’heures. Heureux, qui setrouve auprès, & qui a dequoi recueillir cequi s’en répand ; il en emporte tant qu’il veut,fans être obligé d’en remercier le tonneau.Tel écoït cet Álfonfe Roi de Castille, auquelses folles profusions acquirent le surnom demaìii-percèe , sans lui acquérir les cœurs & lesaffections de ses Peuples. Pour ces superbesMagistrats, qui font misérablement languirdans de longues inquiétudes, les désirs & lesespérances de leurs Supplians, de peur d’endiminuer le nombre, & d’en éclaircir la fou-le, ils