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de son esprit & arraché du fond de son cœuíles bonnes habitudes qu’une longue expérien-ce sembloit y avoir affermies.
Et de fait les Empereurs qui le suivirent,ne résistèrent pas mieux à la même violence.Ils furent tous entraînez par le torrent rapide& impétueux de leur grandeur & de leur pros-périté, & f Histoire remarque que Vefpasienfut le premier des Princes Romains qui de-vint meilleur en devenant le maître des au-tres. Et toutefois, celui-même qui lui don-ne cette louange, dit ailleurs en termes ex-près: Vejpafim dans les commencemem de sonEmpire , ne s’attachoit pas à remplir son Epar-gne , par des moyens injujies £«? violent , maisà la fin les faveurs continuelles de la fortuneayant établi fa puissance, il en devint plushardi U J' e laissa persuader à ces dangereuxmaîtres qui font aux Princes des leçons de ty-rannie, de se mettre au-desjus des Loix , com-me il s’étoit élevé au-dessus des hommes.
J’avoue que Titus son fils garda plus demodération , & fut mieux se commander pen-dant son Régne, qu’il n’avoit fait durant ce-lui de son père, mais les Dieux se conten-tèrent de le montrer à la terre. II ne fitattendre son Successeur que deux ans & quel-ques mois, & s’il eût vécu davantage, quesai je lì la prospérité ne l’auroit point débau-ché , & si, à l’exemple de Néron , il ne seseroit point rendu l'abomination du Genre hu-main , après en avoir été les délices P
Sans mentir, Monsieur, il est bien difficilede marcher ferme en une descente ; & puisqu’il est vrai que tous les ambitieux, autantles Particuliers que les Souverains , ont le cœurpesant, selon les termes de l’Ecriture; nepouvons-nous pas dire que ce poids les en-traîne