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nant étoit élevée jusqu’au Ciel : on déchiraitsa réputation par mille faux bruits. On dé-truisait fa puissance par des cabales & par desintrigues : on minoit l’autorité de sa Chargeen la partageant. Rien de tout cela ne Futcapable d’ebranler ses premières résolutions,& à la fin son invincible Constance le com-bla de gloire, & chargea d’une éternelle con-fusion la témérité de son Collègue. II trouvamoyen de tirer raison des outrages de son per-sécuteur insolent, mais de la plus belle ma-niéré du monde, de la plus haute & de laplus noble ; car ce fut en devenant son Li-bérateur , en lui sauvant la vie, & en déli-vrant toutes ses Troupes d’un péril inévita-ble , où ce Capitaine imprudent les avoit in-considérément engagées.
Quel avantage , Monseigneur, quelle gloire,quelle volupté ! C’elt véritablement cette sor-te de vengeance que l’on peut appeller le mor-ceau friand , toutes les autres font de mau-vais goût pour un Généreux. Les injuresqu’on lui veut faire lui donnent le plaisir devoir combien il est au dessus, ou l’honneurdes’élever encore plus haut par des actions deClémence, ou les occasions d’affiner & d’é-purer fa Vertu. En un mot, il a l’industriede les convertir à son bien, & à son usage,à peu près comme quelques animaux digèrentle fer & les pierres, & changent en une bon-ne nourriture le venin des aspics & des scor-
Î lions ; ou comme les hommes ont trou vé'invention, non seulement de se défendrede la fureur des bêtes farouches, mais ausside s’en nourrir, de s’en armer, de s’en ha-biller , d’en composer leurs drogues & leursremèdes, jusques-là , que selon le dire d’unPhilosophe, Jt le monde manquait de bêtes fau-C 2 vages,