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vages , nous deviendrions nous-mêmcs sauva-■ ges en quelque façon , & notre vie feroit pi-vèe de -plusieurs commoditez considérables.
Que si le Généreux est: obligé quelquefoisde repousser la violence par la force, il réem-ploie le fer que contre le fer ; & dédaigne decontinuer à montrer fa force contre ceux qu’ila désarmez.
Lorsqu’il volt ses Ennemis fous ses pieds,il les regarde comme misérables, & non pluscomme ennemis ; il les trouve dignes de &pitié & les juge indignes de colère. 11 n’apas l’ambition de faire graver fur son Tom-beau, à l’exemple du Capitaine Romain, quiprit la qualité á’Heureux , & dont la félicitéfut estimée le crime & le reproche des Dieuximmortels : Cy gît P homme du monde qui afait le plus de bien à Jés amis > U k fà demal à ses ennemis. Cette autre Epitaphe luisemble bien plus belle & plus magnifique:Cy gît celui qui J'ut perdre ses ennemis s'ils luirèsijioietit , ou les gagner s’ils le méritoient. •
11 paroit donc que le Magnanime n’estpas capable d’une extrême haine. On de-mande s’il l’est davantage d’une parfaite af-fection.
La raison de douter, c’est que l’ame de sa-luant & de l’ami faisant plus de séjour où elleaime, qu’elle n’en fait où elle anime ; iln’y a pas d’apparence, que le Vertueux ac-compli , qui n’est nulle part st commodémentni fi honorablement que chez foi , voulûtbien demeurer si long-tems dehors.
Mais fans m’arrêter à cette fausse subtilité:Premièrement il est constant que le Généreuxest le seul qui aime sa Patrie, tout autantqu’elle est aimable, & qu’il n’y a que la gé-nérosité qui ait fait voir à la Grece un Co-
drus,