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drus , & un Ménécée ; & à Rome, des Bru-tes , des Scévoles, & des Décies, qui fe dé-vouèrent volontairement pour le salut deleur Pais, qui lui consacrèrent leurs premiè-res inclinations, & ne donnèrent que le se-cond rang aux affections du sang & de la na-ture.
Pour les Amis, qui les pourroit aimer plusardemment que le Magnanime , puisqu’ii neles désiré, ni ne les recherche , qu’afin d’irni-ter les Thésées , & les Pylades, qu’afin d’a-voir quelqu’un qu’il puisse suivre en exil, ctpour lequel il puisse sacrifier ses intérêts, son-contentement & fa propre vie même , s’il enest besoin? Servir, obliger, secourir, sontdes actions de vertu, & il est plus doux &
. plus beau de les pratiquer à l’endroit des per-sonnes qui nous sont chères , qu’à l’endroitde celles qui nous sont étrangères & indiffé-rentes : & ainsi seroit-il juste que le Sage soprivât d’un si grand, si sensible , & si légiti-me plaisir ? Se condamneroit-il á la solitude,lui qui est né sociable aullì-bien que raison-nable ? Et n’est-ce pas être pis que seul, quedc n’être jamais qu’avec des gens avec qui onn’ose ouvrir son cœur , ni produire ses pen-sées dans la simplicité qu’elles naissent ? Nosamis sont d’autrcs nous-mêmes, entant qu’ilsne sont qu’avec nous ; leurs belles actionsnous touchent d’aussi près que feroient lesnôtres, & entant qu’ils sont différons, nousles voyons mieux, parce que les objets quisont hors de nous fe voyent par une lignedroite, & que nous ne sourions voir ce quiest en nous que ce ne soit par réflexion. £tcela étant, le Magnanime auroit-il raison derenoncer volontairement au plus charmant detous les spectacles ?
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