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Le Magnanime se jugeant digne des plusgrandes choses & cela ne pouvant s’enten-dre que des biens externes , il s’ensuìt quece sont les honneurs suprêmes qu’il croit mé-riter , & véritablement c’est s honneur dontnous faisons présent aux Dieux, en reconriois-sance de toutes leurs grâces. C’est ce qui estle plus recherché des personnes de conditionqui’font dans les plus hautes Charges, &que nous' voyons tenir les premières dignité/. ;c’est enfin le prix & la récompense des plusillustres actions.
Concluons de là que le Magnanime segouverne comme il doit, en ce qui est del’honneur & de l’infàmie , & qu’il y observeexactement les étroites loix que la Raison luiprescrit.
II s’ensuit encore qu’il est parfaitement ver-tueux , puisque nous supposons que les plusgrands biens lui font dûs , & qu’on ne làuroitfans injustice les lui refuser. En un mot, leMagnanime possède tout ce qu’il y a de plussublime &de plus excellent en chaque vertu.11 en fait tirer le plus pur & le plus beau &en faire un mixte & un composé admirable.
II est inébranlable à la crainte & à l’espé-rance ; il est exempt de toutes faiblesses: &comme il n’est rien qui ne paroisse petit à sesyeux & qu’il ne voie fort loin au dessous delui, rien n’est capable «'exciter en son ameune cupidité déréglée, ni de l’obliger à com-mettre une injustice : il méprise les richesses,& n’appréhende ni la pauvreté , ni la dou-leur , ni même la mort.
La Magnanimité est l’ornement des autresvertus ; elle les pare, elle les embellit, elleles releve , elle les rend plus majestueuses &plus augustes. Elle ne se rencontre jamaisC 4 nulle