ss Lettres
nulle part qu’elle n’y soit environnée de tou-tes les autres ; & ainsi il est fort rare de ren-contrer nn véritable Magnanime , puis qu’ilne peut s’attribuer ce superbe titre , s’il netrouve le moyen d’affembler dans son cœurtout ce que la volonté peut recevoir de loua-bles habitudes. Néanmoins quoi qu’il trouvepar - tout de la matière à s’exercer, il fautavouer pourtant que celle qui lui est propre& particulière, c’est l’honneur & l’infàmie.
bi les gens de bien lui déférent des hon-neurs qui ay en t quelque proportion avec sonmérite, il en sera touché de quelque legérejoie , & recevra ces choses-là, comme desbiens qui lui appartiennent ; quoi qu’ils n’é-galène pas l’importance de ses services, il lesacceptera & s’en contentera, parce qu’il con-sidéré que les hommes n’ont rien de meilleurdont ils le puissent gratifier, & sent un se-cret plaisir de ne pouvoir être dignement payé.■Que s’il est honoré par des personnes vulgai-res , ou pour des actions communes, il en aplus de honte, que de complaisance en foi-même, & rejetteroit ces marques d’estime, fila bien-séance & la civilité le lui permettoient.II méprise le blâme, les faux bruits , les mé-disances , & les calomnies , étant assuré qu’el.les font injustes, qu’elles n’auront point dedurée n’ayant point de fondement, & qu’el.les se détruiront toutes seules , faute de vé-rité qui les soutienne & qui les appuie.
Pour ce qui regarde les richesses , l’autorité,le crédit & la faveur, & généralement toutce qui se nomme bonne sortir,le , il en userasobrement & avec une exemplaire modération :il ne sera ni transporté de joie dans la prostpérité de ses affaires, ni abbattu de tristessedans ses disgrâces. Car la fin de tout cela est
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