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Tome second.
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^8 Lettres

ce qu’il n’estime guères de chose & que pres-que toutes celles que nous désirons le plusardemment , ne lui paraissent que médiocre-ment souhaitables. Il se réserve aux grandes& importantes occasions ; & quand il s’y estengagé, il n’épargne point son sang, ne cro-yant pas que la vie mérite d’elle-même d’ê-tre conservée avec tant de soin, & jugeantla réputation plus aimable qu’elle.

Son inclination est bienfaisante : mais autantqu’il recherche à obliger, autant évite-t-il delaisser acquérir de l’obligation fur foi , parceque l’un est une marque de supériorité , &l’autre de dépendance.

Que s’il a reçu de la courtoisie de quel-qu’un , il ne manquera pas de l’en payeravec usure , & ne sera point content si de soncréancier il n’en fait son débiteur.

11 conserve plus chèrement le souvenir despersonnes qu’il a servies & gratifiées, que decelles qui ont eu le bonheur de lui faire quel-que plaisir; en cela fa mémoire favorise sonhumeur, qui est d’avoir le dessus par-tout.Sur ce fondement quiconque implorera fa fa-veur, fera plus judicieusement de ne parlerpoint des services qu’il lui a rendus, & defaire valoir les grâces qu’il en a reçues. Etc’est ainsi que Thétis en a usé dans Homère,lorsqu’elle demande à Jupiter fa proteélionpour Achille. £t c’est encore ainsi que lepratiquèrent les Spartiates à fendrait des Athé-niens , qu’ils prioient de les assister contreceux de Thèbes.

11 tâche de se passer de tout le monde; &s’il prie à regret, en échange il fait volon-tiers les choses dont on le prie.

Avec les Grands il fait tenir fa grandeur,parce que c’est une action de courage, &

s’abais-