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Tome second.
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de Conseil. 87

moindre chose, vouS me demandez si l’éclaCsied bien, & si je vous conseille de l’aimer?II sied aux Maîtres du Monde, aux Princes,aux Généraux d’Armée, & même aux Gou-verneurs de Province: car ce seroit une chosede mauvais air, & peu digne de ces person-nes qui doivent paroìtre, que d’aller a petitbruit. A l’égard des Particuliers, l’éclat &le faste ne leur servent qu’à s’attirer la haine,& Penvie; & qu’à s’incommoder dans leursaffaires domestiques. Un train commode &réglé, avec une dépense honorable & modes-te , les fait estimer, & les rend agréables.J’ai toujours cru , que pour être parfaitementhonnête homme, on ne sauroit avoir tropd’honneur, ni trop peu de vanité. La plusbelle action du monde, qui se fait par vani-té , n’est pas louable. Celles mêmes qui neviennent que d’un principe de vertu, ne fontpoint tout-à-fait heureuses, quand on les peutsoupçonner de vanité. Mais, Monsieur, pourrevenir aux Particuliers, je n’en connus ja-mais un seul, à qui Péclat & la magnificenceayent réussi. Hé quoi, dira quelqu’un qui íèsentira dans l’abondance, c’est le moyen dele porter du bel air; & puis qu’il m’est aiséde soutenir cette dépense, pourquoi vouloirépargner du bien qui me seroit inutile? Oncroiroit q\:c celui qui parle ce langage, est li-béral. Toutefois les plus avares que je mesouvienne d’avoir jamais vûs , raisonnoient dela sorte. C’est qu’ils font aussi vains qu’ava-res ; & je prens garde que ces gens-là, sil’orgueil ne les empêche de suivre leur natu-rel, font les plus'basses mesquineries, dontun Juif se puisse aviser : & même toute sorted’injustice pour satisfaire leur vaine gloire.Mais afin de répondre à cet homme qui pa-