§6 Lettres
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ennemi si bas su dessous de vos pieds; quelorsque vous éprouvâtes que votre ame étoitsi haute, qu’elle étoit bien loin hors de laportée de tous ses coups ; qu’il se barbouilloitinutilement les mains à vous jetter de la bouequi ne venoit pas jusqu’à vous, & qui luiretomboit fur le visage; enfin que tous lestraits de fa médisance & de fa calomnie, aillieu de vous blesser le cœur, comme il pré-tendoit, ne vous frappoient tout au plus queles oreilles, d’un son peu harmonieux à lavérité , mais que vous n’aviez pas plus depeine à supporter , que le bourdonnementîles mouches ; semblable en cela au premier& au plus grand des quarante-quatre Hercu-les dont un excellent Poète Grec (a) rend lemême témoignage que je rends de vous. Ence cas-là, Monsieur, vous aviez droit de di-re avec ce riche & ce bienheureux Men-diant , dont Alexandre admira la félicité, &qui ne trouva rien à envier dans la fortuned’Alexandre : Cet insolent nia outragé U je nesens pas son outrage. Ce qui me fait souve-nir d’un mot d’un Capitaine Ecossois, qui étoitun Philosophe d’Epée , qui en valoit bien un deRobe longue : On se moque de moi , à ce quef apprens , U moi je me moque d’On. Vouspouvez ajouter à cette généreuse bravade:
Un brutal veut que je me fâche , U il ne mé-rite pas que j’aye pour lui tant de complaisan-ce que de faire ce qu’il désiré. Si je m’affli-geois , disoit la feue Reine Mère, en une oc-casion approchante de celle-ci, je me range-rois du parti de ceux qui me veuknt mal:
j’aide-
00 Amiot a traduit ainsi les Vers de ce Poète.
II ne fuisoit de paroles hargneuses
Non plus de cas que de mouches fâcheuses. \