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geance pour soi , parce que c’ejì le morceaufriand , trouva pourtant plus de friandise àpardonner qu’à punir, lorsqu’elle vit tout au.près de son carosse quelques Soldats qui di-íbient cl’elle toutes les ordures imaginablesfans fe contraindre pour fa présence, & fansvouloir seulement se donner la peine de bais-ser un peu leur voix ; car cette grande Prin-cesse ne fit autre chose que de mettre la têteà la portière, & de leur dire, après avoir ar-rêté ses yeux fur cette canaille : Compagnons ,
Jì vous ri allez plus loin médire de moi, jtvous empêcherai de faire rôtir Foye U de lamanger fi à votre aise que vous le faites. LeCardinal de Lorraine vouloit qu’ils fussentpendus pour servir d’exemple. Mais elle ai-ma mieux montrer à la postérité, qu’une per-sonne qui étoit tout ensemble Femme , Rei-ne , & Italienne, pouvoir néanmoins com-mander à fa colère & résister à la tentationde la volupté qu’elle eût trouvée dans la ven-geance. Je pense que vous aurez ouï contera quelque vieux barbon du régne d’Henri leGrand, de quelle forte le Chancelier de Sil-lery se satisfit foi-même des injures que luiavoir dites une Femme qui venoit de perdreson procès au Conseil Privé. Quand il crutqu’elle s’étoit épuisée, ou qu’il vit pour lemoins qu’elîe reprenoit son haleine, il appel-la son Mari, qui s’étoit inutilement efforce de 'la faire taire, & lui demanda s’il y avoir long-tems qu’ils étoient ensemble, & quel âge el-le avoir bien. Cet honnête homme lui ré-pondit fort humblement qu’il y avoir dix ansqu’il l’avoit épousée, & pour son âge qu’elleétoit encore plus jeune qu’elle ne paroissoit:Je vous plains , Monfieur , lui répondit-il,vous avez bien souffert , £cf iiètes pas encore à