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pure, & toute claire qui les rempliííoit de lu-mière , & les échauffoit de cette belle cha-leur qui est si favorable aux productions del’efprit. Au reste une raillerie de cette forterepousse mieux l’infolence que ne feroit l’ai.greur d’une réprimande, ou même la rigueurdes peines portées par les Loix. Les bonsmots, selon Aristote, font des reproches of-fenfans qui font faits avec art, avec grâce,& avec politesse. Ils ont une certaine pro-
Î iriété de s’attacher à la mémoire de ceux quies ont ouïs , quelque malheureuse qu’ellesoit, & de leur brûler la langue s’ils ne lesjettent vìtement dehors. Ce font des aiguil-lons qui pénétrent quelquefois bien avantdans l’ame, & qui font des playes sujettes àse rouvrir bien souvent, & à laisser desmarques & des cicatrices qui défigurent, &qui ne s’en vont jamais. Aussi s’est-il trou-vé des gens, qui pour sc guérir du mal & dela difformité de ces sortes de blessures, onteu recours à une mort volontaire. Vous con-noissez ce Poète inhumain, qui par scs Iam-bes sanglantes réduisit un malheureux hommequi l’avoit fâché, à la nécessité de sc pendrede désespoir. C’est une chose digne de ré-flexion , à que Socrate avec toute fa douceuren ait fait autant d’une feule parole fans fiel& fans amertume. Ses amis le blâmoientden’avoir point demandé justice d’un jeune fouqui lui avoit donné un coup de pied devanttout le monde ; Et quoi , leur repondit-il, j?un Cheval avoit regimbé contre moi , seriez-VOUS d’avis que f en poursuivisse la réparationdevant les Juges de P Aréopage P Cette répar-tie se répandit aussi-tôt par toute la Ville, &on en fit une guerre si mortelle à celui quifePetoit attirée , que pour avoir paix & patien-