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ce , il se fit un gibet d’un arbre de son Jar-din , ou d’une solive de sa Chambre, je nesai pas bien lequel des deux , nec scire sas ejìomnia . Quoi qu’ìl en soit , Monsieur, vousvoyez par là que ce Patriarche des Philoso-phes ne laissoit pas toujours impunies les of-fenses que l’on commettoit contre lui. Maisq u'il les punissoit à son aise & à sa commo-dité , sans se donner aucune peine , sans s’ex-poser à aucun danger, en prenant bien sontems , en observant l’ordre , la règle, & lamesure que la Raison lui prescrivent; & enun mot se proposant pour fin de satisfaire àla Justice, & non pas à fa passion. _ Etpour cet effet, au lieu qu’il ne mangeoit ja-mais qu’il n’en fût sollicité par son appétit,au contraire, il ne se vengeoit jamais que lors.que son appétit de vengeance étoit passé, depeur de se saouler d’une viande dont on nepeut user trop sobrement, & qu’on ne doitprendre que comme un remède dans le besoin& dans la néceífité. Ce fut cette considéra-tion qui lui fit dire à un Esclave qui l’avoitfâché : Je te frapperais fi je n'ètok en colère :& ce fut peut-être aussi la véritable cause quiobligea Periclès de souffrir les paroles outra-geuses d’un extravagant qui le mena battantde la sorte depuis la Place publique jusqu’àson logis, fans que ce grand Personnage en
Î ierdit fa gravité, fans qu’il ouvrit seulementà bouche que pour commander à un de ses
s ens de prendre un flambeau , d’éclairer cetonnête-homme & de ne le quitter point qu’ilne fût chez lui : Les Historiens qui rappor-tent cette action, l’attribuent à la magnanimi-té de Periclès. Ils croyent qu’il avoit trouvéce que les Stoïques cherchoient, & qu’il étoitarrivé au souverain degré de cette impaffibili-E % té bien-