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té bienheureuse, qui est le dernier effort, &le grand oeuvre de la sagesse consommée:four moi sachant que l’honneur du Magistratappartient à la République, & qu’elle est of-fensée en fa personne, j’ai toujours douté s’illui'étoit permis d’être libéral de ses injures,
& fi ce n’étoit point faire des largesses d’unbien qui n’étoit pas à lui seul. J’ai cru , &,ce me semble, avec quelque fondement, quele procédé de celui-ci eût mérité de plus soli-des louanges; quoi qu’il eût peut-être faitmoins de bruit, & qu’il n’eút pas eu tantd’éclat, si après avoir rendu une preuve il-lustre de fa patience, il eût fait paroître fajustice, & si d’un sens froid, d’un visage se-rein , d’une ame tranquille il eût abandonné 1cet insolent à la sévérité des Loix. Par cemoyen il eût travaillé d’abord pour fa gloire Iparticulière, & puis il eût pourvu à la sûre- Jté publique, délivrant ses Citoyens de la su-reur & de la rage de la plus impitoyable des !bêtes farouches : ( c’est ainsi qu’un Ancien ap-pelle le Calomniateur & le Médisant.) Etcertes il lui eût été d’autant plus glorieux de ìpurger de ce Monstre le Pais Attique, qu’ayant !mesuré ses forces avec les siennes, il n’avoitpas sujet d’en appréhender les dents ni les i
griffes : car ce lui étoit une occasion de té- !
moigner à toute la Terre & à tous les Siècles ,qu’il avoit un amour pour fa Patrie , pur &net de tout intérêt, & qu’il ressembloit à Ju- ,piter Olympien, dont il avoit pris le nom,qui lançoit la foudre fur la tête des grands ;coupables, quoi qu’il ne reqût aucun domma-ge de leurs attentats, de leurs violences, &de leurs excès, & que son essence fût égale-ment éternelle & impassible. Cependant aulieu d’en user de k sorte, il traita fort civi-lement