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Relations. 341
Cette antre que tu vois fa compagne fidèle,
Est la sage Précaution s0e est d’un Jage Amant la compagne éternelle ;
Un Amant dans fa pajjion
Ne peut avoir trop de précaution.
Instruit par un si bon Maître, je fis gran-de civilité au Respect & à la Précaution, &demandai leur amitié, que l’un & l’autrem’accorda de fort bonne grâce. Je tn’avan-qai ensuite en tremblant vers cette belle, quim’avoit charmé. Je la priai de souffrir que jelui aidasse à marcher, ce qu’elle accepta assezfièrement ; & après avoir quelque tems parléde choses indifférentes , elle me quitta.
Comme la nuit approchoit, Amour me con-duisit à un Village fort proche, où nous fû-mes mal couchez. Ce Village se nomme In-quiétude , du nom de la Maîtresse du lieu,que nous allâmes voir : mais il est assez malaisé de vous dire comme elle est faite, carelle ne fauroit se tenir en une même place ;elle est un moment debout ; puis elle se re-couche; elle va tantôt lentement, tantôt sivite , qu’on ne la fauroit suivre: elle ne dorejamais, ce qui la rend fort maigre ; elle estfort négligée, les cheveux épars, & fur-toutmal rangez fur le front, à cause qu’elle se lefrote souvent. Après savoir íàluée, à quoielle ne prit pas garde , j’allai me coucherdans un lit où je ne pus pas dormir ; & cettebelle personne étant toujours présente à monimagination me fit faire cette belle réfléxion :
Je dis tout fort mal à propos ;
Z les soupirs tranchent tous mes mots;
Je sens ma liberté perdue,
N'aurìez-vottí point surpris mon coeur,
Tome II, L Antin-