286 Relations.
Sur cent objet! divers je formois des dejirs ,J’avois tant de chagrin de cette longue absaice,Que je prenois mille plaisirsPour en éloigner la souffrance.
Je vous avoue que tout le tems que je de-meurai dans Amusement, je le passai fans in-quiétude, & j’attendois, fans beaucoup d’im-
Í )atience, le retour d’Iris & de Silvie. Je neaissois pas de leur écrire toujours > & la mê-me Lettre .servoit à toutes deux, je leur man-dois mille tendresses ; & en effet, j’eussemieux aimé les voir que d’être dans Amuse-ment , mais puis qu’il falloit attendre, je pre-nois patience assez volontiers.
Quelque tems se passa ainsi que nous nousécrivions règlement; mais tout d’un coup jene reçus plus de Lettres, & j'appris qu’íris& Silvie, ayant fû que j’étois dans Amuse-ment , s’étoient retirées dans le Palais du Dé-pit ; je n’eus pas plutôt appris cette nouvelle,que je me rendis au Palais du Dépit. Je vousai parlé en passant du Dépit dans ma premièreLettre, mais je ne vous parlai pas de sonPalais; c’est un lieu où l’on se querelle tou-jours , le Dépit brouille les gens ensemble millefois le jour, & fait caresser souvent des gensque l’on hait mortellement, mais ces querellesaussi ne durent guères, les Amours Raccom-modent tout, & réunissent toujours ceux quine sc font querellez que par le conseil duDépit: mais c’est une assez plaisante chosed’yvoir des gens qui s’aiment infiniment fe diremille injures, faire des sermons effroyablesde ne fe voir de leur vie; & un momentaprès sc demander pardon, & sc réunir plusqu’auparavant ;
Tout