5 2.8 Anecdotes
r Le meilleur tabac de la Virginie, celuique les Anglois appellent swet-scented to-baco , se recueille sur une langue de terrequi s’avance entre la riviere d’Yorck Ô£celle de James. Ce tabac vaut quelque-fois douze deniers sterlings. Le prix ordi-naire est infiniment moindre, puisqu’ilnecoûte à Londres, tous frais payés, que deuxdeniers un quart, un peu moins par con-séquent que cinq sous tournois.
La Virginie est un pays très-fertile : ily croît une multitude infinie d’arbres &de fruits de toute eí'pece. La mer quibaigne ses côtes, & les rivières qui se dé-chargent dans ìa baie de Chéíéapeack ,abondent en poissons : on y pêche de lamorue, des esturgeons, &c. La plupartde ces productions font négligées, ou dumoins la colonie ne tire pas de leurflbon-dance & de leur variété autant d’objetsde commerce que les autres colonies An-gloises, dont nous avons dé;a fait men-tion.
Tout le négoce de la province aboutit,comme à son centre, à cette langue deterre qu’arrosent d’un côté la riviered’Yorck , & de Pautre celle de James. IIconsiste principalement dans la vente d.utabac. Les Virginiens ont porté la prépara-tion de cette denrée à une telle perfection,que le tabac qu’ils débitent passe pour le
meilleur