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Premiere partie.
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s es Fonctions. Liv. I. 54$

deur,non plus que Dovvntng , Vane &Loccard-, mais quand tous ces Mi-nistres auroientesté revestus du caractère,ceux de l’Electeur,que l’on trait-toít d’Excellence, à cause du rang qu’ils tenoient dans le Conseil, nc pou-voient pas faire conséquence pour les Ambassadeurs. Je ne doute pointque l’auteur du dénouement ne soit treshabillc homme, mais je croy aussy,que dans fa maison il auroit plustost trouvé dequoy couper le nœud deiaquestion, que sous fa perruque dequoy la dénouer.

II y a d’assés habilles gens,qui jugent, que les Ministres, qui combat-tent avec tant d’obstinatiou pour un avantage de si peu d’importance, yont plus d’égard à leur propre gloire, quoy qu’imaginaire,qu’au véritableinterest de leur Maistre. Les Electeurs n’y en ont point d’autre, sinon defaire reconnoistre leur représentant pour Ambastadeur,& de luy faire faireles mesmes civilités, qu on fait aux Ambassadeurs de Venise & des Provin-ces Unies, & de se mettre par là en la possession d’un Droit, qu’ils n’a-voient & ne pretendoient point il y a cinquante ans, & qui leur estoit de-venu commun avec les premieres puissances de la Chrestienté. C'est ceque la France & la Suede offrent de faire, & elles jugent, que son AltesseElectorale s’cn devroít contenter; parce que tout ce qu’elle prétend audelà ne luy acquiert pas plus d'honneur, mais bien plus de Vanité à quel-qu’un de ses Ministres,qui a de si grandes obligations à la fortune, qu’elleauroit plus de sujet de se plaindre de l’ingratitude de sa créature, si à l'ex-cmple des autres louves, elle n’estoit accoustumée de se prostituer auxplus indignes. Je me trompe peutestre,mais je fuis persuadé, qu’il n’y apoint d'Electeur, qui ne renonçast de bon cœur à l’ávantagc, qu’il pré-tend pour son second Ambassadeur, si le ssoy de France vouloit dans faCour faire au Premier les mesmes civilités qu’il fait aux Ambassadeurs desPrinces d’Italie.

Lors qu’un Prince employé dans une mesme Cour deux Ambassa-deurs, dont l’un est ordinaire, & l’autre extraordinaire , ccluicy precedetousjours celuy là, & s’ils sont tous deux extraordinaires, le dernier venuprecede le premier. Dejsiat estoit Ambassadeur extraordinaire à Londres;mais la Villeauxclercs , qui y arriva aprés luy, le precedoit par tout. Enl’an 162$. Don Carlos Coloma , Gouverneur de la Cittadelle de Cambray,estoit Ambassadeur ordinaire d’Espagne en Angleterre. Don Jean deAíendojfe, Marquis d'Inopfa , y arriva quelque temps aprés, en qualitéd’extraordinaire , & dans le mesine temps que le Prince de Galles revintd’Espagne, Don Diego Hurtado de Mendojfe y arriva en la mesme qualité.Le Marquis, craignant que Don Diego , comme le dernier venu > bc preten-dist la prcseance,&sçachant qu’il ne la luy pourroitpas refuser avec justice,/. Tart. Z z z le lo-