Ses Fonctions. LiV. II. 8i
pari’avance dè tresconsiderablcs sommes de deniers, qu'ikvoit prestéesál’Empereur Charles V. & à Philippe son fils» à qui il cn faisoit de tempsen temps demander le remboursement; Ces deux Princes s’cnnuyoientde la dépense qu’ils estoient obligés de faire pour la subsistence de la garni-sondcSiene; c’estpaurquoy ilsécoutoient volontiers la proposition deceux» qui leur conseijloient de vendre la ville aux Carafiès, & d’acquerirparlal’amitiéde Paul IV. Cofmecn ayant esté advertypar leDucd’AIbc,qui estoit parent de sa femme, fit representer à Philippe, par j4lfonso Tor-nabon, qui residoit auprès de luy en Angleterre, le tort qu’on luy faisoit,cn luy donnant ce Conseil, & le préjudice qu’il faisoit à ses affaires, enpréférant à ses véritables atms&Setvitcuts des gens insolents & orgueil-leux, qui ie payeroient d’ingratitude. Il ne luy fut pas fort difficile derompre ce marché, paree qu'cn ce temps là les Caraffcss’engagerent avecla France; mais toute la difficulté estoit d’obliger Philippe à donner Steneà Cosme,qui pour la faire lever,fe servit de l’adroite prudence de Gianjt-gliaz,z.t. Ce Ministre, pour faire accroire à Philippe, que l’intention deCosme estoit d’entrer dans les interests du Roy de France, y fit quelqueouvertured'accommodement, &prialePaped’enestre le Médiateur;luyrecommandant particulièrement de le faire condurre promtement, flefur tout d’en ménager le secret, afin que les Espagnols, dont le voisinageluy estoit incommode, à cause de places qu ils tenoien t en la coste de Totcane,lícnprisscnt ombrage, & qu’ils tt’en fussent point advertis qu'aprésque lassaite feroit conclue. Le Pape, qui ne fe défioit point de Cosine,communiqua toute la negotiation aux Ministres de France, qui ne man-quèrent point de dépefeher un exprès au Roy, & de le presser d’envoyerquelqu’un en diligence, quieustpouvoir d’accorder auDuc tout ce qu’ildemandoit. Charles de Marillac, Archevesquc de Vienne, que le Royfit partir aussitost, ne fut passitost arrivé à Rome, que les François, quis’imaginoientqueCosmcn ? oscroitplus s’c-n dédire, aprés que ia negotiaw.tion feroit publique, en pailoient comme d’uneaffaire faite. Ce qui ré-pondoit à i’intention du Duc de Florence, & faisoit le jeu de son Mini-stre; parec qu'tls voulotent, que U Roy d’Ejpagne en fttfiadverty Ç$ allarme\afin que cela produiíìstl’effet qu’ils s’cnpromettoient, & qu’ils en tirere-rent incontinent. Car Philippe ayant appris le bruit de certe negotia-tion, & craignant que Cosme ne fistsomtraitté avec laFrance, résolut dele mettre en posscílìon de Siene,&commanda pour cet esset au Cardinalde Burgos,qui y commandoir, d’en-fairesortir la garnison Espagnole. LeCardinalle nt; mais non fans regret.
Ces adresses, bien loin d'estre criminelles, son fort louables, & ces//. Part, L arti-