Band 
Seconde partie.
JPEG-Download
 

Ses Fohctions. Liv. II. 8z

Plus ìlblámela précipitation & l’iinprudence duRoyde Portugal, plus ilrecommande son zele & fa pieté, & oblige le Pape à y faire une s- rieuse ré-flexion. L’Evcsque vint à Rome en effet; mais il auroit trouvé plus deseureté à la campagne.

Le traitté de Vervins, où Charles Emanuel Duc de Savoye, s'estoitfait comprendre » faifoit le Pape arbitre du diffèrent, que le Duc avoiravec leRoypo-urle Marquisat de Saluces, 8c le Roy faifoit solliciter sesinterests à Rome par U Marquis de Stilcry Brulart, Les deux Princesintcreíîés apprehendoientégalement, queíePape ne demandais, que leMarquisat fust mis entre ses mains par forme de séquestre : & Sillery c raig-gnanctout de l’efprit & des artifices du Duc, le prévint en cette maniéré.II fit courir lebrutt, que íintention du Roy efioit cCtnvefiìr uudes neveuxdu Pape du Marquisat, des qu'il enauroit lapesfejfiou. Cequi allarmatel-lement le Duc de Savoye, qu'il ordonna à son Ambassadeur de d re au Pa-pe, qu il avoit esperé, que sa Sainteté n’auroit point fait de difficulté, deprononcer sur la possession, & de l’y maintenir. Le Pape répondit, qu’ilferoitee quiseroitdelajustice, & que sur ce fondement il taícheroit deconserver l’union entre les Princes Chrcsticns. L’Ambassadeur de Sa-voye, ne se satisfaisant point de cette réponsejgenerale, repartit, que si saSainteté adjugeoit le Marquisat au Duc, elleien pourroit disposer en faveurd'un de ses néveux, ou de quelqu’un de ses autres parents. Cequi offen-sa tellement le Pape, qui jugeoitpar laque le Duc de Savoye le croyoitcorruptible,qu’il déclara, que de ce moment il n’estoitplus arbitre, &qu’il nes’en méleroit plus, puis qu’on le croyoit partial & intéressé. L’a-dresse de Sillery fìtun bon effet,& fit faire au Duc une fa*itc aíîés grandepour un Prince, qui avoit beaucoup d'espn't, & qui vouloir bien íçavoirqu’il en avoit.

C o sine & son Ministre se servirent de moyens fort légitimés, pourobliger le Roy d’Espagnc à retirer sa garnison de Siene. Philippe ncpouvoit pas garder cette ville, tant parce qu’cllc luy estoitt inutile, queparcequ’il nepouvoitestendre sadomination en ces quartiers là, fans don-ner de la jalousie à tout le reste de l’Italie. Cosme avoit fort aidé à sa ré-duction de la ville, & avoit preste de considérables sommes de deniers àPhilippe, ainsi que je viens de dire. Ce n'estoit pas l'intention du Cardi «nalBichi de tromper le Pape, en luy conseillant de faire venir l’Evesqucde Larnego à Rome, 8c Sillery nc fitqueprevenir les aitificcs du Duc deSavoye. Ce sont des adresses qui sont permises, & mestne nécessaires àl* Ambassadeur.

L t

Les