Ses Fonctions. Liv. II. ijj
ment de l’enregistrement & de la publication de i'Edit de Nantes. Sa 6-dclité l’obligeoit àrapporter exactement tout ce qui s'y cÛort passé; maisdevant que d'entrcr dans le rècitdcs particularités, il ditau Roy, Henry IV.qu’ilespereque fa Majesté excusera le Pape',parceqtfescs intentions ne sontpas mauvaises,& que e'est le zele qu’il a pour la Religion Catholique, aùflïbien que ce qu’il doit à fa propre réputation, qui l’ont fait parler. Le Papes’estoit aisés emporté, Síneantmoins Dossat en priant le Roy de scxcuser,l’excuse lepremier.
L’Ambafladeur ne peut pas estre trop réservé à est rire des nouvelles,soit generalesou particulières. II doit estre fort punctuel á mandcrcellesqui parviennent jusquesà ía connoillânce; mais il doit bien distinguer en-tre les douteuses & les certaines.de peur que meslant de fauíïes avec de vé-ritables, la fausseté des unes nc détruise la croyance qu'on doit aux autres,ïl doit estre bien plus réservé à dire son sentiment touchant l’estatdes affai-res, & particulièrement touchant le succès de sa negotiation,quelque affeti-rance qu’on luy en donne. Si les hommes ne sont trompeurs, ils peuventestre trompés eux mefmcs, & il peut à tous moments arnver des accidents,qui renversent les plus belles apparences. Quelquefois on ne peut pas nies-mes croire ce qu'on voit. yiditaut v t disse putat. Le Sieur de S. Aldegou-de ,qui faisoit les affaires des Estats des Païs-bas à la Cour de Londres en l'ani;8r.s'estantun soir rendu dans la Chambre de la Reine, la vit en conver-sation avec le Duc d’Alançon. Les Seigneurs & les Dames en estoicntfîéloignés, qu'ils n’y pouvoient pas avoir part; mais tout le monde fut té-moin d'une action, dont on pouvoit former une grande conséquence. LaReine, tirant une bague de son doigt, la mitàceluy du Duc, qui sortit b len-to st avec un joye,qui marquoit sa satisfaction, comme emportant avec luyles arrhes & les affeurances de son mariage. S. Aldegonde, qui jugeait cet-te action de laderniere importance pour sex Mailtres, leur en donjpfedviìi.par un exprès, qu’il leur dcpeícha la mefme nuit. Le bruirdes cîo. hes Lédu Canon, & les feux qu’on alluma dans tontes les villes d s staïs-bas siicntéclatter la joycqucl’onycutd'unadvis,qtiiíctrou^a faux. La Reine fitdes reproches ï S.Aldegonde, d’avoir don né avec trop de précipitation unadvis, dont il cuit píi s’édaircir & détromper dans peu d’heures. Des lémois de Juin 1646. Ic Secrétaire dei’Ambailade, qui cftoit de la part deiaSucdeàOfnabrug,escrivitau Prince Palatin Charles Gustave, qu'il y avoiíunetréve signée entre les Espagnols & les Hollandois, & qu'cllc avoit estépubliée à Amsterdam. Cet advis, qui fut donné par un Ministre Public,qui dévoie estre bien informé d’une affaire de cette nature, estoit capabléd'allartncr extrémementla Cour de Suède, & l'auroit allarmée e« effet, íîII. Fart, V •' Cha-