154 L’Amb assadeur et
Chanut'n’eust fait voir des lettres de la Haye plus fraisches de quatre joursque celles d’Osoabrug, qui faisoient connoistre la vanité des advis du Sé-crétaire.
Jcfuivroís volontiers lc sentiment de ceux, qui voudroientquel’Am-basïadetir fistun narré nu d & simple de cc qui se passe en fa negotiation,fansy mcslerscs sentiments ny ses Conseils: en n’oubliant rien pourtant dece qui peut sottisier les particularités de ses relations. Le Cardinal Dostatest fort exact à remarquer celles dc toutes les audiances, où il a en des affai-res importantes ánegotier: jusques à observer es foHsris, la mine & les ge-stes du Pape Clément VIII. afin que le Roypust d’autant mieux juger despen écs&des intentions de faSaintcté: letondela voix, la chaleur ou l’in-differ ncede son discours, 8e toutes les circonstances qui pouvoient fairejuger, si ses paroles estoientestudiées, ou naturelles: ce qui marque la sin-cérité, ou découvre l’artifice. & fait distinguer !cs compliments d’avcc lesexpressions sincères. Je dis que je voudrois que l'Ambastâdeur n’y sistpas encrer ses sentiments si ccn’estqueleMaistre lesluy demandc:car alorsil luy doit dire son advis franchement, en homme d’honneur, fans interestLe fans passion, fe fer ois trop ignorant Çft fimple, dítDoffat au Roy Hen-ry IV. fi j’en pensais autrement, (ft trop déloyal, (ft indigne de la chargé, dontiliiotup'afi m honnorer, ft je vous en efenvoií contre ce que j’en pense. S’ilen parie de son mouvement, i! peuts’en excuser fur son zelc qui le fait parler,ou il peut faire passer son opinion particulière pourun sentiment gênerai,&ily peutajouster.qu’estant fur le lieu, il peut avec quelque apparence ju-ger des choses, qui sont à fa veùe. Mon auteur, que je voudrois donnerpour patron à tous les Ministres, exprime souvent ses sentiments en faisantparler les autres. En la lettre qu’il cficriw'tà M.de Villcroy duij. Juilletîóoz.Jiu sujet du DucdcBiron, i! dit, qu’il ne luy sçauroitrien marquerdu fieflftiais qu’il ! tiy representera ce qu’il a oui dire à d’autres. Cependantccne sont que les mestnes sentiments dont il remplit la lettre, qu’il escrit auRoy surlemesme sujet. C’cst ainsi qu’il en use en pb,sieurs autres endroits.11 est certain, qu’a moins que le Prince employé des stupides & desbesies,comme cela arrive quelqu.fois, il faut qu’il suive souvent les lumières deson Ambassadeur, qui en peut avoir demei'lcurcs que n’ont ceux, qui nepeuvent voir les affaires en leur propie jour. M. de Villeroy estoic un desadroits 8c des habil es M n sties,que la France air : amais eus» mais il deman-de souvent f advis du Cardinal Oossat,8c luy aussi bien que Henry IV. ab-andonnoient souvent les affaires à la conduite 8c au jugement du PrésidentJcannin,qui avoit quelquefois exécuté les ordres devant qu’il les eust re-célas. Lc Cardinal Mazzarimquivouloitbicn qu’on cnistqu’il avoit de
l’eíprit»