Ses Fonctions. Liv. II. ijï
Tcsprit, &quien avoit dereste, dematidoit souvent àdvîs aux Ambassl-dcuis dc France qùi estoient à Munster, & leur I.iiííoitla disposition dc.s aí-faires & des intcrests du Roy: mais ce n'cstoit qu’aprcs qu u leur eu st ditses sentiments, & pour les rendre responsables du succès.
II ne suffit pas que les advis, que l’Ambassadeur donne soyent vérita-bles, mais il faut auíîì qu’il ménage extrêmement lePrin.cc &: les Ministresde la Cour où il segoue, & qu’ilnedie rien en tes lettres qui Icspuiste off.n-fçr; à moins quele service de son Maillre s'y trouve interesié, auquel cas ildoit passer par dessus toutes les autres considérations, & ne respecter per-sonne. Mais sans cette nécessité il ne peut pas avoir trop de retenue. Carencore qu’il ne soit obligé de rendre compte de ses actions si non au PrincequirempIoye,ce!uy avec lequel il negotie, peut s’en plaindre & en deman-der réparation : & dc la façon que la pluspart des Princes font faits aujourd-h.uy, ils aiment mieux commettre & abandonner un Ministre, que de se fai-re une affaire. Chanut avoit dit dans une des lettres, qu’il eícrivoitaux Plé-nipotentiaires dc France, qui estoient à Munster, que le Chancelier Oxen-stirn ne íecondoit pas bien l’indination que la Reine deSucde avoit pour lapaixd’Allemagne, & les Ministres, cn dérivant à la Cour en cc sujet, s’yestendirentfort, & s’emporterent fort contre le Chancelier. Les espag-nols,qui avoientcorrompuundes Commis dc la Sccretairiedes Ambassa-deurs :de France, qui en leur communiquant copie dc toutes les lettres, queles Ambassadeurs avoient recettes de leur Cour, où qu'ils y avoient envoyésdepuis sept mois, leur endonnerent aussinne de cdiccy. Ils ne manquè-rent pas dc la faire voir aux Ambassadeurs dc Suede qui estoient à Ofna-brug, & particulièrement à Oxenstirn,qui cw fut d’autant plus indigné, qu’ily découvrit les intrigue* , qui s'estoient faites entre les deux Cours deFrance & de Suede, pour faire disgracier & chasser le Chancelier son pere.Cette fourberie ne fit pas fesse t que les Espagnols s’en estaient promis ; par-ce quele Chancelier jugeant, qu’il ncs’cn pouvoit rcstentii sms déplaire !•la Reine, & fans brouiller la Suede avec la France, voulut bien donner sonressentiment à l’mterest public, & cn parla comme d’unc piccc supposée.LaRcinen’en dit autre chose,si non, que quand Chanutauroit fait toit auChancelier, en doannntun mauvais tour à ses sentiments, ce n’cstoit pasà‘elle à Iuyen faire reproche: qu’il avoit un Maistrc, à qui il estoil obligé dçrendre compte dc fes actions, & non àd’autres. ,
Ncantmoins lamefmc Reineíccut bien faite un tresfanglant repro-che au Ministre des Provinces Unies, qui avoit donné un a fiés extravargant advis àfesMaistrcs. II leuravoit eícrit, qu’il fefaifoìt une négociationà Stocolm pour une estroite alliance entre la France Se la Suede. Que
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