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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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x ij _ Discours

Son frefe nétoìt plus dans les mentes drfpoíi-tions : comme on lui avoit interdit touteétude , il étoit rentré dans le monde » & selivroit tout entier à Pamufement, fans cepen-dant fe laisser aller à aucun dérèglement, Hétoit près de fe marier §c dacheter une charge »lorsque Dieu le toucha une seconde fois. LaDivine Providence fe servit pour cela cPunsrencontre il courut risque da fa vie. En1654 étant un jour allé se promener au pont deNeuilli dans un carrosse à quatre ou six chevaux,les deux premiers prirent le mors aux dents ,& fe précipitant vers un endroit du pont ouil ny avoit pas de gardefou , ils tomberontdans la riviere : heureusement leurs rênes serompirent,. 6c le carrosse demeura fur le bord.Cet accident sit impression fur M. Pascal; ilprit la résolution de renoncer à toutes ces par-ties de promenade , & de mener une vie plusretirée.

II elì fort vraisemblable que les prières fer-ventes de fa vertueuse sœur, Religieuse àPort-Royal > contribuèrent à le ramener à la piété.Elle gémissoit sans cesse fur la vie inutile Scdissipée de son frere : elte étoit pénétrée dedouleur de voir, que celui à qui elle devoìt fapropre conversion , feretiroít des voies dufalut il étoit entré le premier. Elle lui ouvroitfur cela son cœur toutes les fois qnil venoit àPort-Royal , ce qui arrivoit assez rarement.Mais depuis quelque temps il avoitjrecommencéà la voir plus fréquemment: ses visites devin-rent même si multipliées &c si longues, quelíepensei-t navoir presque plus dautre ouvrage àfaire que de Tentretenir. 11 lui avouoit qifilétoit agité par les remords de fa conscience ;quau milieu de ses occupations > 6c de toutce qui pouvoit lui rendre le monde aimable ,il seatoit ua vrai dégoût pçur les amusements.