x ij _ Discours
Son frefe n’étoìt plus dans les mentes drfpoíi-tions : comme on lui avoit interdit touteétude , il étoit rentré dans le monde » & selivroit tout entier à Pamufement, fans cepen-dant fe laisser aller à aucun dérèglement, Hétoit près de fe marier §c d’acheter une charge »lorsque Dieu le toucha une seconde fois. LaDivine Providence fe servit pour cela cPunsrencontre où il courut risque da fa vie. En1654 étant un jour allé se promener au pont deNeuilli dans un carrosse à quatre ou six chevaux,les deux premiers prirent le mors aux dents ,& fe précipitant vers un endroit du pont ouil n’y avoit pas de gardefou , ils tomberontdans la riviere : heureusement leurs rênes serompirent,. 6c le carrosse demeura fur le bord.Cet accident sit impression fur M. Pascal; ilprit la résolution de renoncer à toutes ces par-ties de promenade , & de mener une vie plusretirée.
II elì fort vraisemblable que les prières fer-ventes de fa vertueuse sœur, Religieuse àPort-Royal > contribuèrent à le ramener à la piété.Elle gémissoit sans cesse fur la vie inutile Scdissipée de son frere : elte étoit pénétrée dedouleur de voir, que celui à qui elle devoìt fapropre conversion , feretiroít des voies dufalutoù il étoit entré le premier. Elle lui ouvroitfur cela son cœur toutes les fois qn’il venoit àPort-Royal , ce qui arrivoit assez rarement.Mais depuis quelque temps il avoitjrecommencéà la voir plus fréquemment: ses visites devin-rent même si multipliées &c si longues, qu’elíepensei-t n’avoir presque plus d’autre ouvrage àfaire que de Tentretenir. 11 lui avouoit qifilétoit agité par les remords de fa conscience ;qu’au milieu de ses occupations > 6c de toutce qui pouvoit lui rendre le monde aimable ,il seatoit ua vrai dégoût pçur les amusements.