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alors tant de Bruit, & les débarrasser des ter'mes obscurs & équivoques des Scholastiques »des vaines chicanes de mots, & de tout ce quîressent la chaleur de la dispute : il efpéroit ,dis-je , les expliquer d’une maniéré fi aisée 6cfi proportionnée à l’íntelligence de tout lsmonde , qu’il pourroit forcer les Jésuites mê-mes de se rendre à la vérité.
Mais il n'eut pas plutôt commencé à lireEfcohar avec un peu d’attention , & à parcou-rir les autres Cauiistes , qu’il ne put retenir sonindignation contre ces opinions monstrueusescui Font tant de déshonneur au Christianisme,il jugea qu’il n’y avoit rien de plus pressé quetTexpoferà la vue du public des relâchementsen même temps si ridicules & si détestables. IIcrut devoir travailler à rendre cette faussedoctrine non-feulement la fable , mais encorel’objet de la haine & de Pexecration de toutJe monde. C’est à quoi il s’appliqua entière-ment depuis, par le seul motif de servir l’Eglife.Alors il ne composa plus ses Lettres avec lamême vitesse qu’auparavant, mais avec unecontention d'efprít, un foin & lin travail in-croyable. II étoit souvent vingt jours entiersfur une feule Lettre. 11 en recommençoit mê-me quelques-unes jusqu'à sept ou huit fois ,afin de les mettre au degré de perfection oùnous les voyons. On dit même qu’il refit ladix-huitieme jufqu’à treize fois(<i)
On ne doit point .être surpris qu\m espritàussi vif que M. Pascal ait eu cette patience.Autant qu’il avoit de vivacité, autant avoit-ilde pénétration pour découvrir les moindresdéfauts dans les ouvrages d’esprit ; souvent àpeine trouvoit-il supportable ce qui faisoit l’ad-
(a ) Mémoire sur lavU de M, Pafialt