xxvj Discours
Comme il avoit renfermé dans les six Lettresprécédentes ( a ) les principales maximes desJésuites fur la Morale , & què ces Lettresavoient eu tout le succès qu’il desiroit,il avoitd’abord résolu de finir à la dixieme , & desuivre le conseil dc ses amis qui l’exhortoientà ne plus écrire. Ce fut l’emportement desJésuites qui lui arracha encore » comme malgrélui, les huit autres Lettres. Elles ne font pasmoins élégantes ni moins châtiées que les pré-cédentes , si on en excepte la seizieme , qu’ilse hâta de publier, comme il le témoigne lui-même, à cause des recherches qu’on faisoitchez les Imprimeurs. Cette Lettre est doncplus longue qu’il ne souhaitoit : cependantelle ne Test pas trop pour les Lecteurs. Al’égard des deux dernieres, st elles né font pasauíli concises que les autres , ce ne fut pasmanque de temps : mais il ne put, quelquepeine qu’il prit, expliquer en moins de parolesla matière qu’il y traite. Elles font au restetrès-polies & fort travaillées » fur-tout la dix-huitieme. De ces huit dernieres Lettres, lessix premières font adressées aux RR. PP. Jé-suites , & ies deux dernieres au P. Annat dela même-Société , qui fut un de ceux qui Rele-vèrent contre les Provinciales.
Les douze oremìeresLettresfurentprésentéesà la Reine de Suede ( b ) qui fe trouvoit alors àParis , & elle les reçut avec joie. Cette Prin-cesse avouoit franchement aux Jésuites qu’elleavoit peu d’estime pour la Société ; qu’ellene pouvoit approuver qu’ils se mêlassent detant de choses , & qu’ils eussent de si étrangesmaximes.
( a ) Wencltokii Prasloquio III.
( b ) Lettres & ^7 de M, Arnauld,