Préliminaire . . lìij
commesieerent donc à fe défier du succès deîeur entreprise : mais quel parti prendre ? II yavoit du danger à la poursuivre, & de la légè-reté à l’abandonner. Ils firent ce que des gensembarrassés, & qui ne peuvent fe modérer ,ont coutume de faire : tantôt ils pressaient lejugement de l’assaire par des ordres qu’ils ob-tenoient de la Cour; tantôt ils le disséroientpar des chicanes & des incidents qu’ils faifoientnaître. A une intrigue fuccédoít une autre in-trigue, souvent contraire à la premiere. Enfinils en vinrent aux invectives contre MM. duParlement, jusqu’à les menacer publiquementde ^excommunication & de la damnation éter-nelle , s’ils ne jugeo’ent en leur faveur ; ce quidonna lieu à cette plaisanterie de l’un de cesMM. 11 avoit consulté d’autres Ecclésiastiquespour savoir si celui qui ne condamneroit pasWendrock , mériteroit effectivement d'êtreexcommunié ; & ils lui avoient répondu qu’aucontraire , il mériteroit de Pêtre s'il le condam-noit. " II faut avouer, dit-d , que MM. du9t Parlement font bien à pl-indre; car quoî» qn’ils fassent, ils ne sanroient éviter d'etre« excommuniés » ou par les Jésuites, ou par>» les autres Prêtres 8c Religieux.,,
A ces menaces, les Jésuites en ajouteientd’autres encore plus terribles. Ils publioientque îa Cour feroit bientôt éclater son ressen-timent : ils en parloient d’une maniéré si ou-trée, qn’ils ne menaçoient de rien moins quede la potence , des personnes de la premieredistinction. Deux jours avant que l'affaire dûtêtre jugée » l’un d’eux disoit que la chose n’endemeureroit pas là ; qu’on porteroit le Livre àRome ; qu’on y déféreroit l’arrêt même duParlement ; qu’on savoit les noms des Juges
? ui étoient ponrWendrock, & ceux des Ecclé-iastiques 8c des Religieux qui avoient sollicité