Préliminaire. . Ixvijj
» que bien loin de m’en repentir, si j’étois àm les faire , je les ferois encore plus fortes*5i On m’a demandé pourquoi j’ai dit le nom„ des Auteurs où j’ai pris toutes ces proposi-„ tions abominables que j’ai citées. J’ai ré-» pondu que si j’étois dans une ville où il yr, eut douze fontaines , & que je fusse cer-„ sainement qu’il y en eût une d’empoifonnée ,,, je ferois obligé d'avertir tout ie monde de>, n’aller point puiserde Peau à cette fontaine ;,» &c comme on pourroit croire que c’est une» pure imagination de ma part , je ferois» obligé de nommer celui qui l’a empoifon-„ née , plutôt que d’expofer toute une ville à,> s’empoifonner. On m’a demandé pourquoi„ j’ai employé un style agréable , railleur &» divertissant. J’ai répondu que fi j’avois écrit» d’un style dogmatique > il n'y auroit eu que>, les savants qui auroient lu ces lettres, &» ceux-là n’en avoient pas besoin , en sachant,» pour le moins, autant que moi là-dessus:„ ainsi j’ai cru qu’il falloit écrire d’une ma-,» niere propre à faire lire mes Lettres par les» femmes & les gens du mo.ide , afin qu’il5m connussent le danger de toutes ces maximes„ & de toutes ces propositions qui fe répan-„ doient alors, & dont on fe laissoit facile—„ ment persuader. On m’a demandé si j’ai lu„ moi-même tous les Livres que j’ai cités. J’ai-, répondu que non : certainement il auroit„ faiîu que j’eusse passé une grande partie de„ ma vie à lire de très-mauvais livres : j’ai„ lu deux fois Efcobar tout entier ; & pour„ les autres , je les ai fait lire par quelques», uns de mes amis : mais je n’en ai pas em->» ployé un passage fans savoir lu moi-même,, clans le Livre cité , examiné la matière fur»» laquelle il est avancé, ÔC lu ce qui précede»> & ce qui fuit, pour ne point hasarder