8 Premiere Lettre .
Nicolai. 7e ne connoîs ni Tun ni í'autfe, piïdis-je. Voyez donc , me dit-il, fi vous ne con-noîtrez point quelqu’un de ceux que je vous vaisnommer: car ils suivent les sentiments de M. leMoine* Pen connus en effet quelques-uns. Etensuite il me dit: Voyez fi vous ne connoissezpoint des Dominicains, qu'çn appelle nouveauxThomistes; car ils font tous comme le Pere Ni-colas. J’en connus aussi entre ceux qu’iî me nom-ma : & , résolu de profiter de cet avis &. desortir d’assaire , je le quittai, & allai sabordchez un des disciples de M. le Moine.
Je le suppliai de me dire ce que c’étcit qu’#-yoir Icpouvoir prochain de faire quelque chose.Cela est aise me dit-il : c’est avoir tout ce quiest nécessaire pour la faire, de telle sorte qiviine manque tien pour agÎT. Et ainfi , lui â-je»avoir le pouvoir prochain de paflerntîí» rîvi!nm,c’est avoir un bateau des bateliers , des rames«k le reste., en sorte que rien ne manque. Fortbien y me dit-il. Et avoir le pouvoir prochainde voir , lui dis-je , c’est avoir bonne vue , &être en plein jour. Car qui auroit bonne vuedans Tobscunté , n’aurcit pas le pouvoir pro^ckain de voir > selon vous ; puisque îa lumièrelui manqueroit, sans quoi on ne voit point.Doctement, me dit-il. Et par conséquent, con-tinuaì-je , quand vous dites, que tous les justesont toujours le pouvoir prochain d’obfcryer lesCommandements y vous entendez qu’ils ont tou-jours toute la grâce nécessaire pour les accom-plir : en sorte q u’il ne leur manque rien de lapart de Dieu- Attendez, me dit-il, ils ont tou-jours tout ce qui est nécessaire pour les obser-ver y ou du moins pour le demander à Dieu.J’entends bien , lui dis-je , ils ont tout ce quiest nécessaire pour prier Dieu de les assister ,,fans qisil soit nécessaire qu’ils aient aucune-nouvelle grâce de. Dieu pour prier. VousTer,-