Premiere Lettre, §>
Reniez, tr^ dìt-il. Mais il n’est donc pas néces-saire qu’ils aient une grâce efficace pour prierDieu ? Non, me dît— ìî, suivant M. le Moine.
Pour ne point perdre de temps, j'rài auxJacobins , & demandai ceux que je savoir êtredes nouveaux Thomistes. Je les priai de me direce que c'est que pouvoir prochain . N’est-ce pascelui, leur dis-je, auquel il ne manque rienpour agir ? Non, me dirent-ìls. Mais quoi ,mon Pere, s’il manque quelque chose à ce pou-voir, l’appellez-vous prochain } & direz-vous,par exemple, qu’un homme ait, la nuit, 6cfans aucune lumière, le pouvoir prochain dsvoir } Oui da ; il l’auroit selon nous , s’il n’eíipas aveugle. Je le veux bien, leur dis-je;mais M. le Moine l’entend d’une maniéré con-traire. 11 est vrai > me dirent-ils; mais nousl’entendons ainsi. J’y consens, leur dis-je : carje ne dispute jamais du nom , pourvu qu’onm’avertîsté du sens qu’on lui donne. Mais jevois par-Ià , que quand vous dites , que lesjustes ont toujours le pouvoir prochain pourprier Dieu, vous entendez qu’ils ontbesoin d’nnautre secours pour prier , fans quoi ils ne prie-ront jamais. Voilà qui va bien , me répondi-rent mes Peres, en m’embrassant, voilà qui vabien ; car il leur faut de plus une grâce efficacequi n’est pas donnée à tous, &: qui détermineinvinciblement leur volonté à prier ; & c’estune hérésie , de nier ta nécessité de cette grâceefficace pour prier.
Voilà qui va bien , leur dis-je à mon tour :mais selon vous les Jansénistes font Catholiques*& M. le Moine hérétique. Car les Jansénistesdiíent que les justes ont le pouvoir de priermais qu’iì faut pourtant une grâce- efficace ; &c’est ce que vous approuvez. Et M. le Moinedit que les justes prient fans grâce efficace »& c’est ce que yous condamnez. Ouî, dirent*