Premiere Lettre. 11
dis en me lev.int pour les quitter: En vérité,mes Peres, j’ai grand peur que tout ceci nesoit une pure chicanerie ; 8c quoi qu’il arrive deVOS assemblées , j’ose vous prédire , que quandla Censure seroit faite, la paix ne leroit pasétablie. Car quand on suroît décidé cju’il fautprononcer les syllabes pro-chain ; qui ne voitque n’ayant point été expliquées » chacun devous voudra jouir de la victoire ? Les Jacobinsdiront, que ce mot s’étend cn leur sens; M. leMoine dira , que c’est au hen; & ainsi il yaura bien plus de disputes'pour l’expliquer »que pour Pintroduire : car après tout il n’y au-roit pas grand péril à le recevoir fans aucunsens, puifquUl ne peut nuire que par le sens.Mais ce feroit une chose indigne de laSorbonne& de la Théologie , d’ufer de mots équivoques& captieux , fans les expliquer. Enfin , mesPeres , dites-moi* je vous prie , pour la der-niere fois , ce qu’il faut que je croie pour êtreCatholique. II faut > me dirent-ils tous ensem-ble, dire que tous les justes ont le pouvoirprochain > en faisant ab&raction de tout sensAbftrahcnâo à sensu Thomiflarum & à saisialiorum Tkeolo^orum.
C’est-à-dire, leur dis-je en les quittant, qu’ilfaut prononcer ce mot des levres, de peur d'ê-tre hérétique de nom. Carest-cequece mot estde PEcriture ? Non, me dirent-ils. Est-il doncdes Peres, ou des Conciles , ou des Papes ?Non. Est-il donc de S. Thomas? Non. Quellenécessité y a-t-il donc de le dire , puisqu’il n’ani autorité , ni aucun sens de lui-même ? Vous.êtes opiniâtre, me dirent-ils ; vous !e direz- »©u vous ferez hérétique, & M. Àrnauîd aussi ;car nous sommes le plus grand nombre» ÔCs’iìîst betoîn, nous ferons venir tantde Cordeliers»«jue nous Pemporterons.
3e ks viens de quitter fur cette solide raison*
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