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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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Seconde Lettre * t ç

LosDominicainî font troppuissants,medit- 2 λStlaSociétc des.Jésuites esttrop politique,poui^les choquer ouvertement. Elle sc contente (sa-voir gagné sur eux qu’ils admettent «u moinsle nom de grâce suffisinte , quoiqu’ils Penten-dent en un autre sens. Par-là elle a cet avanta-ge, qu'elle fera passer leur opinion pour insoute-nable-, chandelle le jugera à propos; & cela luifera aise. Car supposé que tousïeshommes aientdes grâces suffisantes > il n’y a rien de plus natu-rel que d v en conclure, que la grâce efficace n’estdonc pas nécessaire peur agir; puisque la suffi-sance decesgrâces générales excluroit ía néces-sité de toutes les autres. Qui dit suffisant) mar-que tour ce qui est nécessaire pour apr, & ilfer-viroit de peu aux Dominicains de s'ecrier qu’ilsdonnent un autre sens an mot de suffisant i lepeuple, accoutumé à Intelligence commune dece terme, iVécouteroit pas seulementleurexpli-cation. Ainsi labociété prosite assez dccette ex-pression que les Dominicains reçoivent, fans lespousser davantage : 6c si vous aviez la connoit-sance des choses qui se font passées fous les Pa-pes Clément VIIÍ 6c Paul V, 6c combien la $o-çiéréfut traversée par íes Dominicains dans ré-tablissement de la grâce suffisante, veus ne vousétonneriez pas devoir qu’eile évite ds se brouil-ler avec eux»6c qu’elìe consent qu'iîs gardentleur opinion, pourvu que la sienne soit libre » 6eprincipalement quand les Dominicains, la favo-risent p^r )e nom de grâce suffisante » dont ilsont consenti de se servir publiquement,.

Elle est bien satisfaite de leur complaisance*.Elle n’exige pas qu’ils nient la nécessité de latrace efficace : ce seroit trop les presser : il neïautpas tyranniser ses amis: les Jésuites ont assezgagné» Car le monde se paie de paroles : peuapprofondissent íes choses ; 6c ainsi íç nom detfcszttsuffisante étant tequ des deux.còt&tquot*