1 6 Seconde Lettre.
qu’avec divers sens, il n'y a personne » hors lesplus fins Théologiens, qui ne pense que la choseque ce mot signifie , soit tenue aussi bien par lesJacobins que parles Jésuites.
Je lui avouai que c’étoient d'habìles gens r &pour profiterde son avis,je m’cn allai droitauxjacobins » où je trouvai à la porte un de mesbons amis, grand Janséniste, (car j’en ai detous les partis,) qui demandoit quelqu autrePere que celui que je cherchois. Mais, à forcede prières, je l’engageai à m’accompagner, êcdemandai un de mes nouveaux Thomistes. Il futravi de me revoir:Et bien,monPere,lui dis-je,ce n'est pas assez que tous les hommes aient unfovvoir prochain , par lequel pourtant ils n'a-gissent en effet jamais ; il faut qivils aient en-core une grâce suffisante, avec laquelle ils agis-íent aussi peu : n’est-ce pas là l’opinion de vo-tre Ecole? Oui, dit le bon Pere ; & je Pai biendit ce matin en Sorbonne. Vy ai parie toute mademi-heure , & fans le sable j'eusse bien faitchanger ce malheureux proverbe qui court déjàdans Paris r U opine du bonnet comme un Moineen Sorbonne. Et que voulez-vous dire par votredemi-heure & par votre sable, lui répondis-je?Taille-t-on vosavisà une certaine mesure ? Oui,me dit-il, depuis quelques jours. Et vous obli-ge-t-on de parler demi-heure ? Non ; on parleaussi peu qu’on veut. Mais non pas tant queî’on veut, lui dis-je ? O la bonne réglé pourles ignorants! ô l’honnête prétexte pour ceuxcui n’ant rien de bon à dire ! Mais enfin, monrere, cette grâce donnée à tous les hommes estsuffisante ì Oui, dit-il. Et néanmoins elle n-’anul effet sans grâce efficace } Cela est vrai,dit-il. Et tous les hommes oní la suffisante ,continnai-je > ôc tous n'ont pas T efficace ? Il estvrai, dit-il* C’est-à-dire, lui dis-je, que tous.HM âà de grâce » & que tous a’en ent pas.