Seconde Lettre. _ 17
assez : c’est-à-dire, que cette grâce suffit, qnoï-qu’elle 11 e suffise pas; c’est-à-dire , qu’elle est:suffisante de nom, & insuffisante en effet. Enbonne soi , mon Pere , cette doctrine est biensubtile. Avez-vous oublie, en quittant le mon-de, ce que ïe mot de suffisant y lignifie ? Nevous souvient-il pas qu’il enferme tout ce quiest nécessaire pour agir? Mais vous n’en avezpas perdu la mémoire : car pour me servir d’unecomparaison qui vous fera plus sensible, si l’onne vous servoit à table que deux onces de pain6c un verre d’eau par Jour, seriez-vous contentde votre Prieur, qui vous diroit que cela seroitsuffisant pour vous nourrir , sous prétexte qu’a-vec autre chose qu’il ne vous donneroit pas,vous auriez tout ce qui vous seroit nécessairepour vous nourrir ? Comment donc vmnr laîCailes a (Ure, que tous les hommes ontla grâce suffisante pour agir; puisque vous con-fessez qu’il y en a une autre absolument néces-saire pour agir, que tous n’ont pas? Est-ce quecette créance est peu importante, 6c que vousabaudonnez à la liberté des hommes, de croireque la grâce efficace est nécessaire ou non ? Est-ce une chose indifférente, de dire , qu’avec lagrâce suffisante on agit en effet? Comment, ditce bon homme, indifférente! C’est une hérésie ,c’est une hércjie formelle ; la nécessité de la grâ-ce efficace pour agir effectivement, est de foi ;rl y a hérésie à la nier.
Où en fommes-nous donc , m’écriiai-Je? 6cquel parti dois-je ici prendre? Si je nie la grâcesuffisante, je (msJansénifle. Si je l’admets com-me les Jésuites, ensorte<|ue la grâce efficace nesoit pas nécessaire, je serat hérétique , dites-vous*Et si je Padmets comme vous, ení’orte que îagrâce efficace soit nécessaire, je pèche contre leíens commurty êc je fuis extravagants disent îe$J csuites. Que dois-] e donc feirç dsnr.CLt.tL nécefc