Seconde Lettre . 19
tié du monde, tons les gens de la Cour, tourles gens de guerre, tous les Magistrats, tousles gens de Palais, les Marchands, les^Arti-fans , tout le peuple; enfin toutes fortes d’hopi-mes, excepté les Dominicains, entendent parle mot de suffisant, ce qui enferme tout îe né-cessaire. Presque personne n’est averti de cettesingularité. On dit seulement par toute la terre,que les Jacobins tiennent que tous les hommesont des grâces suffisantes* Que peut-on conclurede-îà, sinon qu’ils tiennent que tous îes hommesont toutes ïes grâces qui font nécessaires pouragir, & principalement en les voyant jointsd'intérêts & rl’intrigues avec les Jésuites quil’entendent de cette íorte? L’unifòrmitc de vesexpressions, jouxt e à cette union de parti, n'est-
eonfirmation de runiformité de vos sentiments?
Tous les fidèles demandent aux Théologiens,quel est le véritable état de la nature depuis frcorruption? S. Augustin & ses Disciples répon-dent , qu'eîle n’a plus de grâce suffisante, qu'au-tant qu’il plaît à Dieu Me lui en donner. Les Jé-suites font venus ensuite, & disent qne tous ontdes grâces effectivement suffisantes. On consul-te îes Dominicains fur cette contrariété. Quefont-ils fà-dessus ? Ils s’unûTent aux Jésuites: iisfont par cct*e union le plus grand nombre : ilsse séparent de ceu>: qui nient ces grâces suffi-santes : ils déclarent eue tous les hommes enont. Que peut-on peiuer de-Ià, sinon qu'ils au-torisent les Jésuites ? Et puis ils ajoutent » que
neanmoinscesgracessuffifanteçsontinutilesfans
les efficaces, qui ne font pas données à tous.
Voulez-vous voir une peinture de PEglisadans ces différents avis ? Je la considéré commeun homme qui, partant de son pays pour sistreim vovage, est rencontré par des voleurs quiJe blessent de plusieurs coups, & le laissent 4