fio Seconde Lettre.
demi-moft. II envoie quérir trois Médecins dansles villes voisines. Le premier ayant fondé sesplaies les juge mortelles, & lui déclare qu’iln’y a que Dieu qui lui puisse rendre ses forcesperdues. Le second arrivant ensuite, voulut leflatter , & lui dit qu’il avoit encore des forcessuffisantes pour arriver en fa maison; 8c insul-tant contre le premier, qui s’opposoitison avis,forma le dessein de le perdre. Le malade cn cetétat douteux ,appercevant de loin le troisième,lui tend les mains comme à celui qui le devoitdéterminer. Celui-ci ayant considéré ses blessu-res, & su l’avis des deux premiers, embrasse lesecond , s’unit á lui, Sc tous deux ensemble seliguent contre le premier , Sc le chassent hon-
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Le malade juge à ce procédé ) qu’il est de l'avis«hi second ; & lc lui demandant en effet, il luidéclare affirmativement que ses forces font suffi-santes pour faire son voyage. Le blessé néan-moins ressentant fa foiblesse » lui demande àquoi il les jugeoit telles* C’est, lui dit-il, parceqne vousavez encore vos jambes: or les jambesfont les organes qui suffisent naturellement pourmarcher. Mais, lui dit le malade, ai-je toutela force nécessaire pour m’en servir? car il mesemble qidelles font inutiles dans ma langueur.Non certainement, dit le Médecin, & vousne marcherez jamais effectivement, si, Dieu nevous envoie un secours extraordinaire pourvous soutenir & vous conduire. Et quoi, dit lemalade, je n’ai donc pas en moi les forces suffi-santes, & auxqueîles il ne manque rien pourmarcher effectivement ? Vous en êtes bien éloi-gné , lui dit-il. Vous êtes donc, dit le blessé, d’a-vis contraire à votre compagnon touchant monvéritable état? Je vous l’avoue, lui répondií-iî.
Que pcnsez-vousqne dit le malade ? II se plai-gnît du procédé bizarre, & des termes ambigus