Troisième Lettre. 29
<Cí , sans laquelle on ne peut ritn » a manqué .
C’est sur cela qu’on estaie en vain de remar-quer, comment il se peut faire que Pexpreíïìonde M. Àrnauld soit autant différente de cellesdes Peres, que la vérité Test de Terreur, & lafoi de Théréste. Car où en pourroit-on trouverla différence? Seroit-ce en ce qu’il dit: Queles Peres nous montrent un juste e/r la personnede S. Pierre? Mais S. Augustin Ta dit en motspropres. Est-ce en ce qu’il dit : Oae la grâcelui a manqué? Mais le même S. Augustin quidit que S. Pierre étoit juste , dit qidiln'avoitpas eu la grâce en cette rencontre. Est-ce en cecpi’íl dit : Oue fans la grâce on peut rien ?Mais n’est-ce pas ce que S. Augustin ditaumêmeendroit, & ce que S. Chrysostôme même nvoitdit avant lui, avec cette seule différence , qu’ilTexprime d’une maniéré bien plus forte , com-me en ce qu’it dit: Qjie fa chute rf arriva paspar fa froideur ni par fa négligence; mais par ledéfaut de la grâce , & par Vabandon de Dieu *
Toutes ces considérations tenoiçnt tout le«onde en haleine', pour apprendre en quoiconfistoit donc cette diverlîté , lorsque cetteCensure st célébré Sc st attendue a enfin paru.après tant d’assemblées. Mais hélas î elíe a bienfrustré notre attente. Scit que les DocteursMolinistes n’aient pas daigné s’abaister jusqu’ànous en instruire, soit pour quelque autre rai-son fecrette, ils n’ont fuit autre chose que pro-noncer ces paroles: Cette propofition est tèmé~raire, impie» blasphématoire , frappée d'ana-*'thême, & hérétique.
Croiriez-vous, Monsieur, que la plupart desgens fe voyant trompés dans leur espérancesont entrés en mauvaise humeur. Sc s’en pren-nent aux Censures mêmes ? Ils tirent de leurconduite des conséquences admirables pour Tin-,nocçnce de M, Arnauld. Et quoi, disent-ils i» S