Troisième Lettre. _
prodigieux renversements, que ce qui est Ca-tholique dans les Peres, devient hérétique dansM. Arnauld ; que ce qui étoit hérétique clansles Semi-Pélagiens, devient orthodoxe dans lesécrits des Jésuites ; que la doctrine fi anciennede S. Augustin est une nouveauté insupporta-ble ; & que les inventions nouvelles qu’on fa-brique tous les jours à notre vue , passent pourl’ancienne foi de I’Egliíe. Sur cela il me quitta.
Cette instruction m’a servi. J’y ai comprisque c’est ici une hérésie d’une nouvelle espece.Ce ne sont pas les sentiments de M. Arnauldqui font hérétiques ; ce n’est que fa personne.C’est une hérésie personnelle. II n’est pas héré-tique pour ce qu’il a dit ou écrit , mais feule-ment pour ce qu'il est M. Arnauld, C’est toutce qu’ontrouve à redire en lui. Quoi qu’il fasse,s’il ne cesse d’ètre , il ne fera jamais bon Ca-tholique. La grâce de S. Augustin ne fera jamaisia véritable , tant qu’il la défendra. Elle le de-viendroit » s’il venoit à la combattre. Ce seroitun coupsùr, & presque le seul moyen cle Réta-blir , & de détruire íe Molinìsme ; tant il portede malheur aux opinions qu’il embraste.
Laissons donc là leurs différends. Ce font desdisputes de Théologiens, & non pas de Théolo-gie. Nous qui ne sommes point Docteurs, n'a-vons que faire à leurs démêlés. Apprenez desnouvelles de la Censure à tous nos amis i &aimez-moi autant que je fuis,
Monsieur,
Votre très-humhîe, & très-obéissant serviteur,
L. A. A. B. ?. A.E.D.E.?.
JDçParis, ce 9 Février
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