Quatrième Lettre. 37
jras à chaque tentation la grâce actuelle , pourn’y point pécher, quelque péché que Pon com-mît, il ne pourroit jamais être imputé» Et lesJansénistes disent, au contraire * que les. péchés*commis fans grâce actuelle ne laissent pas d’êtreimputésrmaiscefontdes rêveurs. J’entrevoyois-ce qu’il vouloitdire : mais pour le lui taire en-core expliquer plus clairement, je lui dis : Mon.Pere, ce mot de grâce actuelle me brouille ; je.n’y fuis pas accoutumé i fi vous aviez la bontédc me dire la même chose fans vous servir de ceterme, vous m’obligericz infiniment.. Oui, ditle Pere , c’est-à-dire ? que vous voulez que jesubstitue la défintìonù la place du défini ; celahc change jamais le sens du discours ; je le veuxbien. Nous soutenons donc comme un principe-indubitable , q u’une action ne peut être imputezà péché » jî Dieu ne nous donne avant que dela commettre , la connoiffdncù du mal qui y ejl->.& une inspiration, qui nous excite à Véviter tm’entencíez-vous maintenant ?
Etonné d’un tel discours selon lequel tousles péchés de surprise, &. ceux qu’on sait dansun entier oubli de Dieu , ne pourroient êtreimputés, je me tournai vers mon Janséniste rA je connus bien à fa façon qu’ii n’en croyoitrien. Mais comme il ne rcpondoìt mot, je disà ce Pere : Je voudrois, mon Pere > que ce quevous dites, fut. bien véritable , &. que vous eneussiez de bonnes preuves. Envoulez-vou$,medic-il aussi-tôt ? Je m’en vais vous en fournir -&. des meilleures ; íaissez-moi faire.. Sur cela ilalla chercher ses Livres. Et je dis cependantà mon ami : Y en a-t-il quelqu’autre qui parlecomme cekìi-ci ? Cela vous est-il st nouveau »me répcndit-il.Faites état que jamais les Peres*Les Papes, les Conciles, niPEcriture » ni aucun,livre de piété , même dans ces derniers temps 9fçnt parlé de cette forte ; mais que pour de§