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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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46 Quatrième Lettre.

îiombrc ; que personne ne sait sil est dîgn?damouroude haine; & que les plus Saintsdoivent toujours demeurer dans la crainte ôcdans le tremblement, quoiqutls ne se sententcoupables en aucune chose , comme S. Paul ledit lui-même }

Concevez donc, mon Pere, que les exenv»pies, & des justes &. des pécheurs, renversentégalement cette nécessité que vous supposezpour pécher , de connoître le mal & daimer lavertu contraire , puisque la passion que les im-pies ont pour les vices, témoigne assez qu'ilsnont aucun désir pour la vertu: & que lamourque les justes ont pour la vertu , témoigne hau-tementquils nont pas toujours la connoissancedes péchés quils commettent chaque jour,selon lEcriture.

Et il est si vrai que les justes pèchent encette forte > quil est rare que les grands Saintspèchent autrement. Car comment pourroit-onconcevoir quecesamcssipures ,quifuyent avectant de soin&dardeur, lesmoindrescholesquípeuvent déplaire à Dieu, auísi-tôt quelles senapperç-oivent, & qui pèchent néanmoins plu*sieurs fois chaque jour , eussent, à chaque fois,avant que de tomber, la connoijsance de leurinfirmité en cette occasion , celle du Médecin ,le defir de leur santé * 6* celui de prier Dieu deles secourir , & que malgré toutes ces inspira-tions, ces âmes si zélées ne laifsajsent pas depasser outre » & de commettre le péché !

Concluez donc , mon Pere , que ni les pé-cheurs , ni même les plus justes , nont pas tou-jours ces connoissances , ces désirs, & toutesces inspirations toutes les fois quils pèchent;cest-à-dire , pour user de vos termes , quilsnont pas toujours la grâce achtellechns toutesles occasions ils pèchent. Et ne dites plus,avec vos nouyeauxAuteurs,quil estinfipossible