6s Cinquième Lettre,
mais cela n’y fait rien ; chacun rend le sien pro-bable & sûr. Vraiment l’on fait bien qu’ils nefont pas tous de même sentiment : & cela n’enest que mieux. ÍU ne s'accordent au contrairepresque jamais. II y a peu de questions où vousne trouviez que l’un dit, oui ; Vautre dit, non.Et en tous ces cas là , Tune &. Vautre des opi-nions contraires est probable. C’est pourquoiDiana dit fur un certain sujet, part. j. tr.
K. 244 . Ponce & Sançhe^sont de contrairesavis; mais parce qu’ils ctoient tous deux sa-vants, chacun rend son opinion probable .
Mais, mon Pere , lui dis-je , on doit êtrebien embarrassé à choisir alors. Point du tout >dit-il, il n'y a qu’à suivre Va vis qui agrée leplus. Et quoi, si l’autre est plus probable? 11n’importe , me dit-il. Et il Vautre est plus fur?II n’importe » me dit encore le Pere; le voicibien expliqué : c’est Emmanuel Sa de notre So-ciété , dans son Aphorisme de dubïo , p. l8z.On peut faire ce qu T on pense être permis selonune opinion probable, quoique le contraire soitplus sûr. Or V opinion d 1 un seul Docteur gravey si une opinion est tout enîemble &
moins probable & moins sûre » sera-t-il permisde la suivre > cn quittant ce que Von croît êtreplus probable 6c plus sûr? Oui, encore une fois,me dit-il ; écoutez Filiutius ce grand Jésuite deRome , Mor. Oud?Jì. tr. 21 . c. 4 . n. iz 8 . 11eji permis de f Uvre V opinion la moins probable,quoiqu?elle soit la moins sure. C’cji Vopinioncommune des nouveaux Auteurs. Cela n’est-ilpas clair? Nous voici bien au large, lui dis-je*mon Révérend Pere, grâces 3 vos opinionsprobables: nous avons une belle liberté deconscience. Etvousautres Casuistes, avez-vousla même liberté dans vos réponses? Oui, medit-il, nous répondons aussi ce qu'ìl nous píaîr,pu plutôt ce qu’ii plaît à ceux qui nous inter-