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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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6s Cinquième Lettre,

mais cela ny fait rien ; chacun rend le sien pro-bable & sûr. Vraiment lon fait bien quils nefont pas tous de même sentiment : & cela nenest que mieux. ÍU ne s'accordent au contrairepresque jamais. II y a peu de questions vousne trouviez que lun dit, oui ; Vautre dit, non.Et en tous ces cas , Tune &. Vautre des opi-nions contraires est probable. Cest pourquoiDiana dit fur un certain sujet, part. j. tr.

K. 244 . Ponce & Sançhe^sont de contrairesavis; mais parce quils ctoient tous deux sa-vants, chacun rend son opinion probable .

Mais, mon Pere , lui dis-je , on doit êtrebien embarrassé à choisir alors. Point du tout >dit-il, il n'y a quà suivre Va vis qui agrée leplus. Et quoi, si lautre est plus probable? 11nimporte , me dit-il. Et il Vautre est plus fur?II nimporte » me dit encore le Pere; le voicibien expliqué : cest Emmanuel Sa de notre So-ciété , dans son Aphorisme de dubïo , p. l8z.On peut faire ce qu T on pense être permis selonune opinion probable, quoique le contraire soitplus sûr. Or V opinion d 1 un seul Docteur gravey si une opinion est tout enîemble &

moins probable & moins sûre » sera-t-il permisde la suivre > cn quittant ce que Von croît êtreplus probable 6c plus sûr? Oui, encore une fois,me dit-il ; écoutez Filiutius ce grand Jésuite deRome , Mor. Oud?. tr. 21 . c. 4 . n. iz 8 . 11eji permis de f Uvre V opinion la moins probable,quoiqu?elle soit la moins sure. Ccji Vopinioncommune des nouveaux Auteurs. Cela nest-ilpas clair? Nous voici bien au large, lui dis-je*mon Révérend Pere, grâces 3 vos opinionsprobables: nous avons une belle liberté deconscience. Etvousautres Casuistes, avez-vousla même liberté dans vos réponses? Oui, medit-il, nous répondons aussi ce qu'ìl nous píaîr,pu plutôt ce quii plaît à ceux qui nous inter-