ç8 Septième Lettre.
Peu de gens s'y arrêteront, St (Ur-tout dans Ucolere. Car il pourroit être aíl'e/ probable qu’onne fait point de tort à l’Etar, de le purger d’nnméchant homme. Aussi, dit—il, notre Pere Fi-lìutius joint à cette raifon-là une autre bienconsidérable , tr. 29, c. 3, n. p. C est qu onseroit puni m Jujlice , en tuant le monde pource sujet. Je vous le disois bien , mon Pere, quevous ne feriez jamais rien qui vaille, tant quevous n’anriez point les Juges de votre côté. LesJuges, dit le Pere, qui ne pénétrent pas dans lesconsciences, ne jugent que par le dehors del’action ; an lieu que nous regardons principale-ment à í’intention : & de-là vient que nos maxi-mes font quelquefois un peu différentes desleurs.Quoi qu’il en soit, mon Pere , il fe conclut fortbien des vôtres, qu’en évitant les dommages del’Etat, on peut tuer les médisants en sûreté deconscience , pourvu que ce soit en sûreté de fapersonne.
Mais, mon Pere, après avoir si bien pourvuà I’honneur, n’avez-vous rien fait pour le bien?Je fais qu’il est de moindre considération ; maisil n’importe : il me semble qu’on peut bien diri-ger son intention à tuer pour le conserver. Oui,dit le Pere ; & je vous en ai toxicité quelquechose qui vous a pu donner cette ouverture.Tous nos Cafuistes s’y accordent ; & même 011le permet, encore que Von ne craigne plus au-cune violence de ceux, qui nous litent notre bien ,comme quand ils s’enfuyent. Azor, de notre So-ciété , le prouve, 'p. 3 , l. z , c. 1, q. co.
Mais, mon Pere, combien faut-il que la chosevaille pour nous porter à cette extrémité ? 11faut , selon Reginaldus , /. zt, c. / , n. 66; &Tannerus, ìn 2. 2. difp, 4., q. S, d. 4 , n. 6< j,que la chose soit de grand prix au jugement d’unhomme prudent. Et Laiman , 8c Filiutius en par-lent de même. Ce n’est rien dire r mon Pere ;