Septième Lettre. 99
où îra-t-on chercher un. homme prudent, dontla rencontre est si rare , pour faire cette estima-tion ? Que ne déterminent-ils exactement lasomme? Comment, dit Ic Pere! étoit-ii si facile»à votre avis, de comparer la vie d’un homme &d’un Chrétien a de l’argent ? C’cst ici où je veuxvous faire sentir la nécessité de nos Casuistes.Cherchez-moi, dans tous les anciens Pères, pourcombien d’argent il est permis de tuer un hom-me. Que vous diront-ils, sinon, Novt occi -VEs : Vous ne tuere\ point ? Et qui-a donc oí’édéterminer cette somme, répondis-je ? C’est »me dit-il, notre grand & incomparable Molina,la gloire de notre Société, qui, par fa prudenceinimitable , Pa estimée à fix ou sept ducats , pourlesquels il assure qtdil ejl permis de tuer » encore f<que celui qui les emporte s’enfuye « C’est en sont. 4 » tr. q , disp. 16» d. 6. Et il dit de plus, aumême endroit, Qu’il n’ofiroit condamner d*au-cun péché un homme qui tue celui qui veut lui oterune chose de la valeur d'un écu ou moins : Unîusaurei , vel minoris adhuc valoris. Ce qui a portéEfcobar à établir cette réglé générale , n, 44 jOiie régulièrement on peut tuer un homme pourla valeur d y un écu , selon Molina .
O mon Pere, d’où Molina a-t-il pu être éclairépour déterminer une chose de cette importance»fans aucun secours de l’Ecriture, des Conciles,nidesPeres? Je vois bien qu’il a eu des lumièresbien particulières, & bien éloignées de S. Au-gustin , fur l’bomicide , aussi-bien que fur lagrâce. Me voici bien savant fur ce chapitre ;& je comtois parfaitement qu’il n'y a plus que■ les gens d’Eglife qui s’absti&ndront de tuer ceux«jui leur feront tort en leur honneur ou en leurbien. Que vouîez.-vous dire » répliqua le Pere ,Cela feroit-il raisonnable , à votre avis, quçceux qu’on doit le plus respecter dans le monde.