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un petit nid lie mousse , au milieud'une prairie. Le dôme en voûtegarantit de la pluie, lé plancheraussi de mousse, garantit dé l’h umi-dité. L’Abeille ramasse de la cirebrute & du miel, en com pose unepetite masse dans laquelle elle dé-pose quelques oe úfs. Pe ndan t qu’el-ïe continue ses travaux & fa ponte,ces premiers œufs éclosent : il ennaît des abeilles mâles , femelles Scmulets. A peine font-elles écloses ,routesfe mettent à l’ouvrage. Ellesrendent ce nid plus grand, plusvaste. La femelle, continue fa pon-te. Les nouvelles femelles pon-dent. La famille s’accroît jufqu’aunombre de cinquante ou soixante.L’art avec lequel elles concourentroutes à la construction du nid, estsingulier. Les Abeilles Bourdons,quoiqu’armées d’un dangereux ai-guillon, n'étant point aussi vivesque les Abeilles communes, nefont point aussi redoutables. Pourfe procurer le plaisir de leur voirconstruire leur nid, il n’y a qu'àle défaire, transporter la mousse àquelque distance, on verra lesAbeilles fe disposer en chaîne,depuis leur nid jufqu’au lieu oûon a mis la mousse. La premiereen saisit avec ses dents, l’éclaircitavec fes pattes brin à brin. Ce quiles fait nommer aussi abeilles car-deufes. Elle pousse cette mousseéparpillée à l’aide de fes pattespar-dessous son ventre. Celle quiîa fuit la pousse de même à la troi-sième. II fe fait une chaîne conti-nue de mousse , qui est employée& entrelaflée avec la plus grandedextérité par celles qui font au-près du nid. Pour que leur nid nesoit point le fouet des vents, &qu’elles y soient à l’abri de lapluie, elles y construisent unevoûte. Elles la font avec une ef-pece de cire ténace mince quin'est , ni la cire brute des Abeil-les , ni la vraie cire : dissoute dans
ABE
de l’huile de térébenthine, onpeut s'cn servir pour tirer des em-preintes. Les teignes de la cire,les vers d’une mouche du genre defrétons , les Mulots, les Fouines,les Fourmis attaquent les petitspots de miel, provision de cesAbeilles industrieuses.
Abeilles cardeufes. Voy. Abeil-les bourdons.
AsEiLtEs communes ou domesti-ques. Cette efpece nous représentele tableau de l’indushie la plus char-mante , & nous fait dês récoltes demiel & de cire. II y a dans uneruche trois sortes d’Abeilles , l'A-beille reine ou femelle , les Abeillesmâles ou faux-bourdons , & lesAbeilles fans sexe ou mulets.
Abeilles mâles ou faux-bourdons ,ainsi nommées pour les distinguerdes Abeilles bourdons dont on aparlé. Leur fonction est de fécon-der la reine. Si on presse les partiespostérieures de leur corps , on voitqu’ils font bien pourvus des par-ties de la génération. 11s n’ontpoint d’aiguillon. Leur trompe ,leurs pattes ne font point propresà la récolte de la cire 8c du miel ;aussi font-ils dispenses du travail.Ils ne volent fur les fleurs quepour sucer le miel. Ils ne songentqu’à leurs plaisirs. Tout le travailroule fur les Abeilles mulets. Unefeule femelle, (car il n’y en aqu’une dans une ruche , ) femble-roit devoir être assaillie continuel-lement au milieu de sept ou huitcens mâles. La nature y a pourvu,elle les a fait d’un tempéramenttrès-froid. La femelle choisit celuiqui lui plaît. Elle est obligée defaire les avances, de le caresserpour l’excíter à I’amour. Cette fa-veur lui devient fatale. A peinea-t-il satisfait aux ébats amoureux,qu’on le voit périr : on peut feprocurer le plaisir de ces obferva-tidns , en mettant une femelleavec plusieurs mâles dáns un bo-