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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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me le sucre. Les Irlandois en fontusage.

ALIZIER, arbre de nos fo-rêts; il croît assez bien à som-bre, est propre à garnir les clai-rières des bosquets. Son fruit murest agréable au goût. La dureté deson bois le rend propre à plaideursusages. Le bois des jeunes bran-ches s'emploie pour faire des fifres& des flûtes.

ALKEKENGE. Voyez Co-

QUÎ8.EL.

ALLELUYA. Les feuilles decette plante desséchée fusent surles charbons, preuve qu’elle con-tient du nitre. Sa décoction est enconséquence de la plus grande uti-lité dans les grandes effervescencesde sang.

ALLIGATOR. C’est la plusgrande efpece de Crocodile : oncn voir qui ont quinze pieds delongueur. Le Roi deSiammetsamagnificence à posséder beaucoupd’Eléphans , celui de Saba , fur lacôte des Esclaves, mer la sienneà avoir toujours deux étangs rem-plis à."alligators. Ces serpents jet-tent une forte odeur de triufe,dont l’air Sc l’eau font imprégnésà une grande distance.

ALOÈS. On voir dans les ferresdu Jardin du Roi beaucoup d’es-peces de ces plantes : les unes s‘é-levent en arbres, les autres nefont que de petites plantes : ellesvarient par leurs formes 8c leursfigures, 8c font toutes originairesdes pays chauds. Les unes donnentdes sucs utiles, les autres des filsd’un bon usage. On retire de quel-ques especes un suc amer, échauf-fant, excellent stomachique quifacilite la digestion des grandsmangeurs. On distingue plusieursespeces de ce suc , telles que l’A-loès succotrin , Yhépatique Sc le ca-íallin. L'Aloès succotrin , qui estle meilleur, découle de la racinede f Aloès à feuilles d ananas.

ALO

lorsqu’on en arrache les feuilles.L’hépatique 8c le caballin se reti-rent des feuilles pilées de l’Aloèsordinaire : le premier est le suc leplus pur; il prend son nom de facouleur. Le second n'est employéque pour les Chevaux. Lorsqueles Aloès jouissent d'une chaleurégale à celle de leurs climats , onles voit fleurir. C'est une erreur decroire qu'il y ait une efpece d’A-loès qui ne fleurit que tous lescent ans avec le bruit d’un coupde pistolet. L'Aloès s’emploie dansl’embaumement des corps.

Aloès pitte , ou Chanvre desIndiens. Ce grand Aloès est desplus remarquables. Les Indiensretirent de fa seconde écorce uneefpece de grosse toile rougeâtre.Ses fils ne sont point tissus commela trame 8c la chaîne de nos toi-les , mais collés 8c appliqués l’unfur l’autre dans le même arrange-ment. Les Indiens retirent aussides fibres des feuilles une efpecede fil îrès-fort dont ils font desvoiles 8c des hamacs. On a faitdes bas , des gants 8c même de ladentelle avec des fils de certainsAloès.

ALOSE. Ce poisson de mernage en grande troupe , portant latête hors de l’eau 8c faisant enten-dre un grognement semblable àcelui des Cochons. On prétendque, sensibles à l’harmonie , leson des instruments les attire, leségaie Sc les fait bondir fur la sur-face des eaux. Ces poissons remon-tent au printemps dans les eauxdouces jufqu’à deux ou trois censlieues de la mer. 11s s’y engraissent,8c leur chair y acquiert un goûtdélicat. Pris en mer, ils sont secs,maigres, de mauvais goût. Le pois-son décoré à Paris du beau nomde Pucelle , est une efpece de petiteAlose que l’on pêche au commen-cement du printemps , 8c qui n’apoint encoie d’œufs.

ALOUATE,