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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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BŒU

iitent que lorsqu’ils font épuisesde fatigue. Que de réflexions àfaire fur la prodigieuse multipli-cation du Bœuf, fur la consom-mation journalière de sa chairnourrissante, sur le profit quei'homme retire de sa dépouillepour sa subsistance & ses besoins!Cet animal, si robuste, si vigou-reux , armé de deux cornes tou-jours menaçantes , après avoir pa-tiemment endure, toute fa vie, lejoug de l’efclavage & de la tytan-l nie, tombe, presque fans mur-i murer, sous les bras nerveux d’unBoucher mercenaire. Deux coupsd’aísommoir suffisent pour sabat-, tre. On en voit cependant qui ré-listent Sc qui parviennent même| a s’échapper ; tel fut celui dontj le cerveau presque silifié, fut pré-j se n té à l’Académie. Rien n’est! perdu dans le Bœuf. Tout, juf-i qu'aux cornes, aux nerfs, auxcartilages, à la peau, est mis en, usage. Avec la corne & les os,t on fait des lanternes, boîtes, pei-gnes, étuis & autres petits ouvra-ges ; la colle forte est composéeI des nerfs, cartilages, rognures de; peau réduits en mucilage. La! meilleure vient de Flandre j lapeau, entre les mains des Cor-i royeurs & des Tanneurs, se fa-| çonne & sert à notre chaussure.

I Lc fiel relevé les couleurs desI Peintres, nettoie leurs tableaux,dégraisse & cnleve les taches desi étoffes 8c des habits ; la teinturede ce fiel, infusée dans l’esprit-de-vin , est un excellent cosméti-que. Voyez les mots Taureau .,p'achc , Veau.

Bœut de mer. Voyez Phocas.

BOGUE. Poisson du bord desmers de l'Italie. Sa chair est déli-.cate Sc estimée des Italiens.

BOICININGUA , ou Serpentà sonnettes. Ce reptile est com-mun dans les Indes. II vit long-temps Sc multiplie peu. Sa niâ-

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c boire est remarquable par 4 deses dents aiguës 8c longues qu’ilfait sortir & rentrer dans la mâ-choire comme les griffes d'unChat. On connoît sage du Boici-ningua par le nombre des osseletsde sa queue, qui ne sont sonoresque pendant qu'il vit. Il ne peutfaire le moindre mouvement fansles faire entendre : les voyageursavertis par ce bruit, se dérobentà sa poursuite, en doublant lepas. Sa marche est lente fur laterre unie ; mais fur les rochersou dans seau, rién n’cgalc sonagilité. II s’élance avec rapiditéfur le tillac des petits vaisseaux.Se replier en cercle, s’appuyer furfa queue , sauter sur sa proie, lablesser & se retirer, n’est, pourlui, qu'un instant. Malheur àceux qu'il rencontre. II est plusdangereux lorsqu’il pleut ou qu’ilest dominé par la faim. Sa mor-sure est très-venimeuse. I-es effetsdu poison sont une enflure géné-rale , sur-tout de la langue , unebouche enflammée , une soif brû-lante. La moindre goutte d’eauredouble Passivité du poison &hâte sinstaut de la mort. On gué-rit la morsure du Boiciningua,soit en écrasant la tête du serpent& en sappliquant sur la partieoffensée , soit en appliquant exté-rieurement & faisant prendre in-térieurement du beurre, de l’huiled’olive & du se!, la racine deVipérine ou de la plante appellée,par les Américains , Sanguine ,sont très-cfficaces. Mais après laguérison, l’ahévation des traitsdu visage ou des douleurs mêléesd’enfìnre, rappellent, toute lavie , le souvenir d’un accidentaussi funeste. Un animal si redou-table perd la vie., lorfqn’il estfrappé d’un coup de baguette furle dos. On ne voit point cc fêt-ent dans les lieux où croît leouliot sauvage ou Dictame de