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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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CARCHARIAS. V. Requin.

CARDAMOME, Maniyueue,graine de Paradis. Ces graines,dont on distingue trois efpeées,nous viennent des Indes & d’A-frique. Elles font odorantes d'uncfaveur piquante. C’est un puissantcordial.

CARDASSE. V. Opuntia.

CARDINAL. Cet oiseau d’A-mérique joint au feu de son plu-mage le talent de la voix. II mo-dule en iìfliant des tons nets &distincts, fait plaisir à entendredans les bois. Sa voix trop fortedéplaît dans un appartement. Ondit que cet oiseau ne chante l'hi-,ver qu’après avoir bu. Le gosier1 de nos Chantres fe trouve fortbien de cette habitude en toutessaisons. Le Cardinal pre'voyantramasse pendant r été , pour pro-vision , jufqu'à un boisseau degrains, dans un petit magasin faitde branches d’atbres, recouvertde feuilles. Une feule ouverturey sert d'eutrée.

Cardinale. Cet infecte, d' unbeau rouge couleur de feu, estassez rare. Ses antennes pectinéesd'un seul côté forment des espa-ces de panaches qui contribuentà fa parure. On le trouve en au-tomne fur les haies.

CARDITES. Nom donné auxcoquilles fossiles de la famille desCœurs.

CARIAROU. Efpece de Lianequi croît aux Antilles. Les habi-tants retirent de fes feuilles unefécule dont ils fe fervent pourteindre leurs hamacs & fe peindrele corps en cramoisi.

CARIBOU. Ce quadrupèdedu nord de f Amérique , est fortléger à la course, soit fur la ter-re , soit fur la neige. II habite lesforets Sc s’y pratique des routes,lorfqu’clles font trop fourrées. 11a pour ennemi le Carcajou.

CARINDE. Cet oiseau del’A-

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mérique est d’un caractère fami-lier. II se plaît à habiter autourdes cabanes des Sauvages , s’y re-tire quelquefois la nuit. S’il s’cnécarte , c'est pour y revenir dès le |matin. Les Sauvages leur ôtent j; ou 4 fois l’année une partie de !leurs belles plumes pour én gar-nir leurs nattes, en orner leursarmes Sc leur habillement.

CAROTTE. On distingue lasauvage & ia cultivée. I.’usagedesracines de la derniere est très-con-nu. On vient de découvrir deseffets merveilleux de l’infusiondes fleurs ou graines de Carottessauvages dans les douleurs de lagravelle.

CAROUBIER. Cet arbre demoyenne grandeur croît en Pro-vence , en Espagne , à Naples, enEgypte. Ses fleuts mâles & femel-les naissent fur des individus dif-férents. Son bois dur est propre àdivers usages. Son fruit, en formede gousse, est un aliment très-agréable lorfqu’il est mûr. Lespauvres s’en nourrissent. On enfaifoit autrefois du vin par la fer-mentation. Les Egyptiens en re-tirent une substance mielleuse q Utleur tient lieu de sucre. On rem-ploie à confire les Mirobolans,Tamarins & autres fruits.

CARPE. Ce poisson d’eaudouce habite les lacs, les étangs,les rivières. La nature des eaux& des aliments donne plus oumoins de délicatesse à la chair.Les Carpes de la Saône, de laSeine , & fur-tout de la Loire,font très-estimécs. Celles d’étangsfont inférieures en qualité. Ce-pendant on fait un cas singulierdes Carpes de l’étang de Cum-miere près de Boulogne. On pê-che dans quelques rivières desCarpes qui, à l’extérieur, res-semblent à la Carpe ordinaire,mais dont la chair est rougeâtre,ferme fc tient de eeUe du Saumon.