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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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CAS

i fées de ìo ou if cabanes. Par-tout on y voit íegner la paix > l'u-nion, la concorde, la bonne foi.Les habitants d’unc cabane nevont point piller les provisions dela cabane voisine. Quelque enne-mi vient-il attaquer la républi-que , ils s’avertiífent, frappentde la queue furl’eau Sc fuient aufond de la tiviere. Les chasseursou les totrens ont-ils endommagela digue , tout le peuple amphibietravaille à réparer l’ouvrage pu-■ bile. Point d’infidélité dans les, petits ménages. La femelle portej 4 mois, met bas au commence-ment du printemps i ou ; petits,donne tous ses foins à f éducationde fa progéniture. Les mâles vontfe promener, jouir des douceursde la belle saison, mais revien-nent de temps en temps voirleurs femelles. Lorsque la petitefamille est en état de suivre lamere, elle les mene promener,manger du poisson, des Ecrevis-ses, de jeunes écorces d’arbres ,& les fait jouir des plaisirs de laterre & de Peau. Avec quel regretne voit-on pas faire une guerremortelle à ces animaux innocents& industrieux î C’est pendantl’hiver qu’on les attaque, parceque leur fourrure n’est parfaite-ment bonne que dans cette saison.On les tue à l’affut. On leur tenddes piégés. Dans le temps des gla-ces on détruit leurs cabanes. Ilsfuient sous Peau. On fait des ou-vertures aux glaçons. On s’y meten embuscade & on les prend aumoment où ils viennent respirerPair, dont ils ne peuvent se pas-ser. Lorsqu’on en a tué un tropgrand nombre & que la société estaffoiblie , le génie de ces animauxse flétrit. Ils perdent toutes leursqualités sociales, vivent épars, seconstruisent sous terre un simpleterrier aboutissant à Peau, quileur sort d’étang. Lois de la crue

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des eaux , ils sc retirent dans lehaut de leur terrier, qu’ils cons-truisent en plan incline. Les Caf.tors sc plaisent dans les pays froids.On en trouve dails l'un & l’autrecontinent, depuis le zoe dégrédelatitude nord jusqu’au 6oe & au-delà. Leurs fourrures sont d’au-tatit plus noires, qu’ils habitentune contrée plus froide. A mesurequ’on s’éloigne du nord, la cou-leur s’éclaircit. On en voit chezles Illinois de couleur de paille.La fourrure des Castors est com-posée d’un duvet fin qui recouvreimmédiatement la peau , & d’unautre poil plus grand. On emploiel’un & l’autre dans la fabrique deschapeapx. Celui de dessous leventre s’emploiepour les chapeauxblancs , celui de dessus le dos pourles chapeaux noirs. On file celuides côtés qui est plus long. Onen fait des bas, des bonnets , desgants extrêmement chauds. LesSauvages du Canada s’habillentde peaux de Castor. Le poil misfur la peau s’imbibe de leur sueur ;c’est le Castor gras. Les Chape-liers cn font grand cas ; ils s’enfervent pour donner plus de corps& de liant au Castor sec, (c’estla fourrure enlevée de dessus lesanimaux. ) Les Boisseliers fontdes cribles avec la peau du Cas-tor. Comme il vit presque con-tinuellement plongé dans Peau,la partie antérieure de son corpsjusqu’aux reins a le goût & laconsistance de la chair des ani-maux de la terre & de Pair. Celledes cuisses & de la queue tientde celle du poisson. La queue estcomme une partie de poisson at-tachée au corps d’un quadrupède.

CASTOREUM. Cette subs-tance sc trouve dans 4 poches si-tuées sous les intestins du Castor.Elle est un peu fluide, d’uneodeur fétide & pénétrante , d’ungoût âcte. C’est la pommade desG j