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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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CASTOR. C’est un animalamphibie , doux , paisible, maisjaloux de fa libellé, industrieuxdans ^indépendance, triste 8cabruti dans la servitude. II fuitle voisinage des lieux habités,cherche les endroits les plus soli-taires pour y vivre en société avecses semblables. 11 trouve des dou-ceurs dans cette vie républicaine.C’est alors qu’il déploie son adres-se, son intelligence 8c toutes sesqualités sociales. Lorsqu’une pe-tite bourgade commence à Réta-blit , c’est toujours fur le bordd’une rivière que les Castors seréunissent au nombre quelquefoisde i ou 300. L’endroit le moinsprofond est le lieu qu’ils choisis-sent pour fonder leur colonie ;c’est l’emplaccment destiné à laconstrutlion de leur édifice. Obli-gés, par instinct;, de vivre dansl’air Sc dans l'eau, ils sont tout àla fois les architectes 8c les ou-vriers de leurs petits bâtiments.Ils en ordonnent & exécutent leplan. Le bien commun à la petiterépublique est le premier objstde leurs travaux. II s’agit de cons-truire une digue. Un arbre voisinde la rive est marqué pour en fairela charpente. Tous se mettent àl’ouvrage. Les uns rongent le piedde l’arbre , de maniéré qu’il puissetomber dans la riviere 8c la tra-verser. Leurs 4 dents incisivessont leurs seuls instruments pourscier, couper, abattre. L’arbretombe, on élague les branchespour le faire porter égalementdans l’eau dans toute fa longueur.D’autres , pendant ce travail,vont dans la forêt scier des pieuxde la hauteur nécessaire , les ame-nent par eau entre leurs dents.Arrivés à la digue., ils les tientient perpendiculairement dansla riviere , tandis que des Castorsau fond de l’eau sont occupés àcreuser la terre avec leurs pattes

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de devant armées de griffes, pourque le pieux puisse y entrer. Onentrelasse ensuite les pieux avecdes branches. On remplit les in-tervalles avec de- la terre glaise.

La queue du Castor sert de truellepour gâcher ce mastic. Le géniede nos architectes a tout prévudans la construction. La digue est fsoutenue contre l’elfort de l’eau jpar un talus dont la hase a 11pieds de largeur. A la superficiesont ménagées deux ouvertures,elles servent à l’écoulement 8c auniveau de l’eau. Cet ouvrage pu-blic une fois construit, les Case , ;tors le réunissent par compagnies.Les moins nombreuses son r de s jou 8; les plus grandes de 10,toutes composées d’un nombre )égal de mâles 8c de femelles. Cha-que compagnie construit fa petite smaisonnette. La grandeur est pro- ;portionnée au nombre. On lesétablit sur un pilotis plein. Tou-tes ont une forme ovale ou ronde.

Le bois, ]a terre, les pierraillessont les matériaux de ces édifices-Les murailles ont jusqu’à deuxpieds d’épaisseur. Le dessus del’édifice est formé en voûte. II y a >deux ouvertures. L’une est unefenêtre qui donne fur l’eau. C’estdelà qu’ils prennent les bains, ense plongeant jufqu’à la moitié ducorps. L’autre les conduit à terre ,pour aller chercher la provision.Quelques-unes de ces cabanes ■ont deux ou trois étages. II y en ;a qui ont jufqu’à 10 pieds de dia- 'métré. Leur ouvrage est fait avec !tant de propreté 8c de solidité, !qu’on y voit par tout une induse jtrie rivale de l’industrie humaine. ,On ménage dans chaque cabane jun magasin pour la provision de íbouche. Ce sont des écorces d’ar- Ibre, du bois tendre. On les a r- |range en pile , afin d’en prendrefacilement au besoin. Ces répu-bliques sont quelquefois compo-