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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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la voix humaine & se plaît à sui-vie les passants.

CEPPHUS. Cet oiseau aqua-tique profite de la crainte quiréunit les petits poissons poursui-vis par le Thon, pour les attra-per & s’en nourrir. 11 est si peu-reux, qu'à l'éclat d’un coup detonnerre il tremble dans son vol& tombe comme s’il étoit mortfui la surface de seau. Sa chairest assez bonne, si on en exceptele croupion.

CÉRAUNIAS. Voyez Pier-res de tonnerre.

CERCELLE , ou Sarcelle. Ontrouve de ces oiseaux aquatiquesaux Indes, en Amérique, enEurope. II y en a dont la chairest très-bonne , telles font cellesde la Louysiane , de France , deCayenne. Dans cette Isle , c’estpresque le seul gibier qui soitdélicat. En général le gibier y esthuileux , coriace & d'une odeurmusquée.

CERCERELLE. Voy. Quer-

cerelle.

CÉRÉBRITE. Voyez Méan-drite.

CÉREIBA. Espece de Man-glier; voyez ce mot.

CERF. Cet animal innocent,tranquille, anime la solitude desforêts. 11 a tous les sens exquis,l’oeil bon, i'odorat fin, l’oreilledélicate. Avant que de sortir dubois, il examine si rien ne peutl’inquiéter. D’un naturel doux,sociable, il s’apprivoise aisément,n'est craintif Se fugitif qu’autantqu’on le poursuit. Sensible au sondu chalumeau des bergers, il l’é-eoute avec plaisir. Les chasseursont quelquefois recours à cetartifice pour le rassurer. Sa fe-melle est la Biche. Elle ne metbasqu’un Faon. La tête des Cerfsest parée plutôt qu’armée d’unbois vivant. II croît & pousseçom.me le bois d'un arbre. D’a-

CER

bord tendre comme de l’herbe,il se durcit comme le bois. Lapeau qui le couvre dans fa crois-sance, garnie d’un poil serré, gris,se détache tomme une écorce,lorsque le bois a pris tout sonaccroissement. Le Cerf frotte satête contre les arbres pour s’endébarrasser. Son bois, ainsi queles végétaux, tient de la naturedu fol. J1 est grand , léger, ten-dre dans les pays fertiles & humi-des ; dur, court, pesant, secdans les pays stériles. Au prin-temps les bois des Cerfs se déta-chent & sont chassés par de nou-veaux bois, comme une dent l’estde son alvéole par une autre.Chacun des deux côtés tombe àquelques jours de distance l’unde l'autre. Leur bois tombe d’au-tant plutôt que l’hiver a été plusdoux. Ils se sauvent dans les tail-lis pour refaire leur bois pendantl’été , trouvent alors une nourri-ture abondante & réparent leurforce perdue pendant l’hiver. Lasurabondance de la nourriture lesrend propres à satisfaire aux ébatsamoureux. Ils entrent en rut aucommencement de Septembre ,raient d’une voix forte , donnentla tête contre les arbres, parais-sent transportés, furieux. Nuit& jour ils sont fur pied, ne fontque marcher, courir, combattre& jouir. On voit les rivaux se pré-cipiter les uns fur les autres, seporter à coups d’andouilleres desblessures profondes. Leurs boiss’entrelassent quelquefois ensem-ble. Ils ne peuvent se dégager > &sont tous les deux dévorés par lesLoups. Les Cerfs les plus vieuxse rendent toujours les maîtres.Les jeunes ne peuvent jouir quede plaisirs dérobés 8c accompa-gnés de crainte. Ils sautent à lahâte sur la Biche , pendant queles vieux Cerfs se livrent bataille,ôc s’enfuient ensuite au plus vite.